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Militants

Samedi 2 septembre 2006
A propos de Marie-Ségolène Royal:

Questions sans réponses :
- Pourquoi n'y a-t-il aucune mention du Parti Socialiste sur le site de Ségolène Royal (pas de logo ni le nom du parti) ?
- Pourquoi Ségolène Royal a-t-elle refusé le dialogue avec le MJS à l'université d'été 2006 du PS,  alors que tous les autres candidats à la candidature ont accepté ?
- Comment peut-on la voir rassembler la gauche, ce qui sera nécessaire au premier comme au second tour de l'élection présidentielle, alors qu'elle crée de profondes divisions dans le PS ?
- Pourquoi Ségolène Royal refuse-t-elle une augmentation immédiate du SMIC de 100 euros ?

Questions dont la réponse est "Rien" :
- Qu'a dit Ségolène Royal pendant les premières semaines des grèves et manifestations sur le CPE ?
- Qu'a dit Ségolène Royal pendant les émeutes en banlieue de novembre 2005 ?
- Qu'a dit Ségolène Royal pendant les premières semaines du conflit entre Israël et le Liban ?
- Qu'a dit Ségolène Royal au moment où éclataient les scandales des hauts salaires et des parachutes dorés donnés aux grands patrons ?
- Qu'a dit Ségolène Royal sur les problèmes de sécurité en Corse ? (en fait son commentaire lors de sa visite en Corse en juin 2006 a été " Ne comptez pas sur moi pour parler de ce qui ne va pas en Corse").
- Quelle est la contribution de Ségolène Royal au projet du PS ?

Avec Ségolène Royal, une nouvelle façon de faire de la politique ?
- Le parachutage de Malek Boutih en Charente et de Delphine Batho dans les Deux-Sèvres, est-ce cela cette nouvelle politique ?
- Le refus du débat , que ce soit avec le MJS, avec les journalistes ( entre autres refus de répondre à certaines questions des journalistes du magazine "Capital" qui voulaient savoir si Ségolène Royal tenait la route en économie), est-ce cela cette nouvelle politique ?
- Que la circonscription dont elle est l'élue recoive 30 % des subventions régionales, quand la population de cette circonscription représente seulement 5 % de celle de la région, est-ce cela cette nouvelle politique ?
- Prendre seule, sans concertation avec les qui que ce soit (pas même les élus de sa liste !), des décisions, est-ce cela cette nouvelle politique ? (Par exemple décision unilatérale prise par Ségolène Royal seule de faire acheter par sa région 80.000 paires de charentaises pour soutenir l'industrie de la pantoufle, ou bien élaboration par elle seule du plan d'un plan de contournement routier de la ville de Melle située dans sa circonscription).

Ségolène Royal, une candidate pour représenter les socialistes ?
- Parmi l'océan de généralités et de platitudes débitées par Ségolène Royal, quelques idées surnagent ces derniers mois :
     –    l'encadrement militaire des primo délinquants
     –    la supsension des allocations familiales pour tous les enfants d'une famille, à la première
           incivilité de l'un d'entre eux
     –    l' expulsion des étrangers en situation irrégulière fraîchement arrivés en France s'ils    
           commettent un délit (en d'autres termes, rétablissement de la double peine).
     –    les 35 h à démanteler
     –    la présence d'un deuxième adulte au fond des classes, en plus de l'enseignant, pour assurer
           l'ordre
     –    la notion d'ordre juste, reprise mot pour mot à l'encyclique "Deus est caritas" de Benoît XVI.
- Si ces valeurs sont représentatives du PS, il est plus que tant de s'inquiéter. Est-il encore un parti de gauche ?
 - L'argument consistant à dire que l'on s'intéresse aux préoccupations des citoyens n'en est pas un : fait-on une politique de gauche en préconisant des recettes de droite ? L'argument prétendant vouloir défaire la droite en en reprenant les thèmes (à l'instar d'un Bill Clinton ou d'un Tony Blair) ne tient pas plus : peut-on apparaître ou être socialiste en reprenant les analyses de la droite (repression aveugle qui nie complètement la partie sociale des problèmes) ? Ce type de tactique, le recentrement de la campagne sur la sécurité par exemple, a été utilisé en 2002 avec le succès que l'on sait.
- Avec de tels mots d'ordre, peut-on espérer, au premier comme au deuxième tour, avoir les voix des habitants de ce qu'il est convenu d'appeler les quartiers sensibles, les voix de tous les militants associatifs qui combattent auprès des sans-papiers ?
- Avec de tels mots d'ordre, peut-on espérer un soutien massif du corps enseignant (quand elle était ministre sous Allègre, Ségolène Royal avait aussi déclaré " Il faut casser le statut des enseignants et les remettre au travail". Elle voulait faire systématiquement suspendre, avant toute décision de justice, les enseignants suspectés d'attouchements sur un-e élève avec la justification suivante, dont l'affaire d'Outreau a montré le bien fondé, "Les enfants ne mentent jamais" !!!) ?
- En ayant finalement comme doctrine sociale celle de l'Eglise catholique, peut-on espérer avoir la voix de toutes celles et de tous ceux qui sont à juste titre attachés à la laïcité (il faut se souvenir que la suppression dans les faits de la laïcité a été une des raisons du non de gauche au projet de traité constitutionnel européen) ?
- Peut-on espérer que les voix du non de gauche se porteront sur quelqu'un qui a ardemment milité pour le oui et trainé dans la boue ceux qui à gauche votaient non ?

Sur la prétendue construction d'un programme politique par les internautes :
- On passera sur le caractère démagogique d'un tel mode opératoire.
- On commencera par remarquer qu'une telle manière de faire ne s'adresse finalement qu'à une frange restreinte de la population (pour faire simple des citoyens plutôt jeunes, de famille moyenne ou aisée) quand un programme politique véritable devrait s'adresser et faire participer l'ensemble de la population.
- On ne peut manquer de s'étonner aussi du caractère finalement peu démocratique, en plus de ce qui vient d'être dit, de cette manière de procéder. En effet, la délégation de souveraineté du peuple à des représentants n'est acceptable que parce que ces derniers ont un mandat clairement défini : le peuple, en principe, sait ce que feront les élus une fois en place. Or le procédé Royal ne respecte pas cette règle élémentaire puisque précisément le programme qu'elle veut mettre en place n'est pas défini au moment du vote (du moins, c'est ainsi que je le comprends). Dans ces conditions, accepter de voter, c'est faire un chèque en blanc, sans savoir ce pour quoi on a voté.

Cédric Mulet-Marquis

Un petit livre édifiant : La Prétendante, par Cassandre, ed Philippe Rey.
Par Cédric MULLET-MARQUIS
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Lundi 4 septembre 2006
     Laurent FABIUS est un homme d'Etat, qui au sein du Parti Socialiste a le plus d'expérience (ministre  du Budget, de l'Industrie et de la Recherche, de l'Économie et des Finances; Premier Ministre; et président de l'Assemblée Nationale à deux reprises). Aucun autre membre du parti n'a cette diversité dans les responsabilités de la France.

     Laurent FABIUS est le seul à avoir admis à plusieurs reprises que nous avons fais de bonnes choses pour le progrés social et aussi des erreurs, c'est un homme politique qui sait tirer les leçons de la gestion des affaires publiques et qui ne dit pas la responsabilité des échecs c'est les autres.

     Laurent Fabius a une vision politique noble. Il considére l'interet géneral plus important que sa carriére. Il réflechit et propose des solutions sur la laicité, le pouvoir d'achat, le logement, l'Europe, les dérives du capitalisme financier, les dysfonctionnements de la démocratie, l'environnement,l'Afrique...

     Ce qui m'impressionne chez lui, c'est qu'il a souvent un "coup d'avance" dans le parti ou l'opinion, ce qui expliquent que certains cherchent à le discréditer, soit en mettant en doute sa sincérité, soit en affirmant que ses propositions sont démagogiques; les princiaples mesures de sa motion pour le congrès du Mans sont aujourd'hui au coeur du projet socialiste, signe de sa capacité de proposition et d'anticipation.

     Laurent FABIUS est un tribun hors pair et le parti en aura besoin pour contrer la Droite. Il a d'ailleurs dans les médias à plusieurs reprises sonné la charge contre CHIRAC ou les projets de SARKOZY "l'apprenti sorcier".

     Il est solide, sérieux et sage. Le choix de l'homme qui va diriger la France, pays d'une grande histoire et de diversité dans un monde incertain est celui de la simplicité, de l’intelligence et de la vision.

     Je soutiens Laurent FABIUS car il est l'homme de la situation.

     Olaf NZONDO.
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Jeudi 19 octobre 2006
Pour Laurent Fabius
- lettre ouverte aux militants socialistes, Lyon, le 17 octobre -

    Les militants socialistes vont bientôt devoir choisir leur candidat à l’élection présidentielle. C’est tout à l’honneur du Parti Socialiste que d’avoir permis un tel débat, si rare en France ; c’est précisément parce que ce parti a posé si haut et si justement des exigences formelles de démocratie interne qu’il est comptable, devant la Nation, de l’avancée réelle de l’idéal démocratique dans la société tout entière. Or, la démocratie est en crise, en Europe notamment, car, durant près de trois décennies, on a accrédité l’idée que la politique ne pouvait plus rien, ou, plus exactement, que l’eurolibéralisme valait politique pour les peuples d’Europe.

    Il est vrai, qu’au début des années 1980, la première expérience vraiment socialiste française après 1945, s’est faite alors que, partout, les politiques préparaient ce qu’on ne nommait pas encore « mondialisation ». Laurent Fabius a été ce jeune ministre qui, en 1981, a participé à une vraie politique de redistribution de la richesse, même si, comme beaucoup de gens de gauche, il s’est convaincu, à tort, que les conditions politique et économique du moment réduisaient l’action publique à n’être plus, de facto, qu’un accompagnement des dommages causés par la libéralisation des marchés. Comme tant d’autres, il a cru que la seule construction européenne permettait de retrouver des marges d’action, supposées totalement perdues au niveau national. Toutefois, comme peu de politiques, il a tiré les conséquences des défauts de la construction européenne qui, loin de redonner aux peuples de la puissance politique, ne faisait qu’organiser les marchés, sans égard pour la société. Comme trop peu de responsables, il a compris les deux leçons du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005, qui ne faisait qu’exprimer le désir d’un peuple qui attendait que la politique façonne, comme il est normal, notre dessein collectif pour le bien commun, bref que l’économie redevienne un moyen de l’activité humaine et non sa finalité.

    On a osé, alors, durant la dernière campagne référendaire, dire qu’il n’était pas « sincère » dans ses convictions, cependant qu’on ne disait pas de ses détracteurs et défenseur du « oui » à cet improbable traité qu’ils étaient opportunistes ! Et pourtant : longtemps, les sondages ont donné, sans équivoque possible, le « oui » gagnant … N’aurait-on pas dû, plutôt, se féliciter qu’un homme politique, enfin, comprît le désir politique du peuple ? Et puis d’ailleurs, on ne fait pas de la politique sur des procès d’intention : on doit se fonder sur le sérieux des engagements, des actes et des alliances.

    Il faut soutenir Laurent Fabius parce qu’il a su tirer les leçons de certains échecs du passé pour proposer un autre avenir : les deux autres prétendants n’ont pas su, que je sache, tirer vraiment de telles leçons. L’un d’eux parle, de façon vague, d’ « internationalisme », comme si on pouvait construire quelconque internationale sans les nations, voire contre elles, comme si, nous républicains laïcs, devions nous soumettre à ces nouveaux cléricalismes et communautarismes dont l’Union européenne, sous sa forme actuelle, est porteuse. Une autre prétendante à l’investiture du Pari socialiste affirmait, il n’y a pas si longtemps, qu’il fallait militariser l’éducation des jeunes délinquants multirécidivistes, alors que celui qui est devenu son porte-parole disait, fort justement à ce moment, que le  rôle exclusif de l’armée était de défendre la nation et nos alliés.

    Il nous faut beaucoup de cohérence et de sérieux : Laurent Fabius n’en a jamais manqué. De plus, il fut Premier ministre assez jeune, ce qui lui a donné l’expérience nécessaire pour affronter les périls internationaux de l’heure. Pensons simplement au sang-froid nécessaire dans un monde ou, plus que jamais, la question nucléaire pose le problème politique essentiel : la paix ou la guerre ? La grande diplomatie ou l’agitation belliciste, à la Bush, dont Blair et Sarkozy ne sont que des variations locales. L’on dira que Laurent Fabius a affronté bien des péripéties dans sa vie publique : justement, le fait qu’il les ait surmontées montre qu’il a envergure d’un homme d’Etat !

    De toute façon, chaque voix en faveur de Laurent Fabius permettra de créer un rapport de favorable de façon à ce que la social-démocratie française renoue avec l’idée d’une démocratie forte. De plus, n’oublions pas que si Laurent Fabius était choisi par les socialistes, la plupart de ceux qui, en 2002, voulurent promouvoir l’idée républicaine trop longtemps délaissée en votant pour Jean-Pierre Chevènement, soutiendront Fabius. Il ne fait de doute, en effet, que Jean-Pierre Chevènement ne se présentera pas si ce garant de la laïcité, qu’est Laurent Fabius, est choisi par les socialistes. Parce que les socialistes savent que Jaurès, déjà, définissait le socialisme comme l’achèvement de la République, ne doivent-ils pas soutenir un homme qui n’a pas oublié que, avant d’être socialiste, on est nécessairement républicain ? Enfin, un candidat de la gauche doit rassembler la gauche entière : il faudra gouverner, si la Nation le veut, avec d’autres gauches, les gauches communiste, écologique et radicale. Ce n’est pas en lorgnant d’abord vers un introuvable « centre » de la vie politique de ce pays qu’on convaincra les gens de gauche, déçus par l’abandon de l’ambition politique, de revenir à ce fondement de la vie civique : le vote.

    Jérôme Maucourant, économiste, auteur, récemment, d’Avez-vous lu Polanyi ?, éditions de la Dispute, 2005 et « Marché, démocratie et totalitarisme », Le Nouvel Observateur, Hors-Série, novembre 2006.



Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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