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Parti Socialiste

Dimanche 2 juillet 2006
Le texte de l'intervention de Laurent FABIUS lors du banquet républicain du Grand Quevilly, samedi 24 juin 2006.


GRAND QUEVILLY
24 JUIN 2006
Laurent FABIUS

Chers amis et camarades,

Dans un an à la même époque la France aura un nouveau Président. Une majorité parlementaire nouvelle se mettra en place. Le Premier Ministre soumettra son programme de législature à l’Assemblée Nationale. Le premier sommet européen de l’après-Chirac se réunira. Les premières décisions seront prises. Le calendrier est prêt. Il reste l’essentiel : gauche ou droite ? Et pour la gauche, qui et pour faire quoi ? C’est cela dont je veux vous parler ce soir, et, à travers vous, à tous les Français.

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Je ne perdrai pas de temps, je ne gaspillerai pas d’énergie à décrire en détail le passif du pouvoir actuel. Il est connu, il est perçu au-delà même de nos frontières et il est vécu douloureusement par nos concitoyens. Il s’alourdit chaque jour un peu plus avec des comportements lamentables : amnistie pour les amis, scandales financiers en tous genres, coups tordus, insultes aux représentants de l’opposition qui sont aussi ceux de la nation, cohésion sociale en miettes, croissance faible, déficits explosifs. C’est un climat de fin de règne pour le clan qui, en 1995, a mis la main sur le pays. Une ambiance de fin de régime
pour la Vème République affaiblie comme jamais. Les Français en ont assez. C’est bien autour du changement que se joueront les élections de 2007.

C’est autour du changement – un vrai changement – que la gauche devra convaincre. C’est autour du changement – mais vers la violence – que l’extrême droite, silencieuse et toujours dangereuse, mènera la bataille. C’est autour du changement que M. Sarkozy médiatisera sa propagande pour la France d’après, alors qu’il est co-responsable des graves difficultés de la France d’avant et de maintenant. Et il poussera la supercherie jusqu’à parler de « rupture », lui qui depuis tant d’années est non seulement au pouvoir mais le pouvoir.

Oui, supercherie. Un changement profond est réclamé par rapport à la politique actuelle ; et la Droite voudrait nous faire croire qu’il pourrait être porté par le chef de cette majorité ! L’homme du Karcher et du charter, rebaptisé candidat du dialogue ! Le spécialiste des cadeaux fiscaux pour les plus riches, autoproclamé bienfaiteur du pouvoir d’achat des ouvriers et des employés ! Le recordman des déficits et de la dette métamorphosé en artisan du redressement ! Les violences contre les personnes miraculeusement réduites par celui qui depuis 4 années y échoue ! La réalité est que notre adversaire probable, celui qu’une majorité de Français trouvent inquiétant, M. Sarkozy, est d’abord M. Supercherie.

Car le vrai projet de la droite, ce sont 3 idées simples et mauvaises.

D’abord, le libéralisme économique sans limites, c’est-à-dire la précarité tous azimuts. Face à la mondialisation financière, face aux bouleversements économiques et sociaux, la droite n’a qu’une réponse : il faut davantage de précarité. Pour lutter contre la concurrence exacerbée, contre le dumping et les délocalisations, il faudrait réduire nos protections, abaisser notre niveau social et démanteler les services publics ! Comme si les salaires et les retraites n’apportaient pas du pouvoir d’achat, nécessaire pour la croissance et pour la justice ! Comme si les services publics et ceux qui les font vivre au quotidien, dont la droite fait sa cible, n’étaient pas un investissement dans la connaissance, dans la santé, dans la sécurité ou dans les transports ! Comme si l’homme devait être au service de l’économie, plutôt que l’inverse.

La deuxième idée maîtresse, c’est le communautarisme. Pour les libéraux, l’Etat doit reculer partout. Une fois l’Etat marginalisé, il reviendrait aux « communautés » de prendre le relais. Ce n’est pas un hasard si ces libéraux sont souvent aussi des communautaristes. Ils se prétendent apôtres des libertés et c’est vrai qu’ils en prennent avec la laïcité ! Nous respectons les religions ; mais ils voudraient, eux, que les autorités religieuses soient peu à peu chargées d’assurer le calme dans les quartiers. Il voudraient que pour l’enseignement, le confessionnel prenne le pas sur le service public ! Nous n’accepterons pas, nous, que le communautarisme se substitue à la République.

Libéralisme, communautarisme, atlantisme. Puisque l’inspiration de M. Sarkozy vient des conservateurs américains, la politique étrangère doit aller avec. En Europe, il voudrait substituer au couple franco-allemand une sorte de directoire avec la Grande-Bretagne et la Pologne. On voit à quel genre d’expédition ce type d’alliances nous conduirait ! Se profile un élargissement indéfini de l’Union, transformée en zone de libre échange sans règles sociales ni volonté politique autonome ; avec en fond de paysage l’unilatéralisme américain et la domination de l’OTAN que ni F. Mitterrand, ni L. Jospin, ni moi n’avons jamais acceptée. Choisir cette voie, ce serait tourner le dos à ce que j’appelle l’Europe-levier, à la France universaliste, au monde pacifique et progressiste dont nous avons un si pressant besoin, à l’internationalisme qui est la vraie réponse à la mondialisation libérale. La France doit rester indépendante, l’Europe doit devenir puissante : telle est notre feuille de route parce que là est notre identité, notre volonté, notre histoire et notre destin.

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Chers amis, le projet de société que nous portons, que je veux porter pour le PS et pour la gauche, est à l’opposé de celui-la. Au libéralisme, j’oppose la solidarité durable ; au communautarisme, la laïcité républicaine ; à l’atlantisme, la volonté européenne.

Je refuse donc, comme beaucoup de militants socialistes anciens ou nouveaux, une campagne de confusion où notre porte-parole, l’œil rivé sur les sondages, s’efforcerait de coller à l’ensemble des aspirations dans le cadre d’un discours en zigzag, ajoutant selon les moments et les endroits des mots de droite à des adjectifs de gauche et inversement. Les Français ne sont pas des parts de marché, le suffrage universel n’est pas l’audimat. Je souhaite une campagne de différenciation assumée et de convictions claires, qui permette un vrai choix aux socialistes d’abord, puis à l’ensemble des Français. C’est le pari que fait notre projet et c’est pourquoi je me sens en phase avec la politique qu’il contient. Un projet de gauche pour une stratégie de gauche. J’en ai moi-même proposé le titre : « réussir ensemble le changement ». Ce sera un excellent mot d’ordre pour notre campagne, partout en France.

« Réussir ». On peut gagner des élections sur un rejet ; mais on ne peut « réussir » que sur un projet. Or, nous devons réussir pour répondre à l’attente d’abord des Français modestes, fragiles, et les satisfaire dans la durée. Tirons les leçons de l’élection manquée de 2002. Parlons de la France, parlons à la France, aux ouvriers, aux employés, aux agriculteurs, aux artisans, aux entrepreneurs, à la France des jeunes et des retraités, du service public et du secteur privé, aux cadres, aux sans-emploi, aux créateurs et aux chercheurs. Nous n’avons pas à les convaincre que le Parti Socialiste et la gauche sont capables de gouverner – ils le savent ; nous avons à leur prouver que nous voulons vraiment transformer en profondeur notre pays. A nous de faire partager notre refus de la fatalité et nos solutions.

Expliquons comment nous allons réussir « ensemble ». « Ensemble » c’est-à-dire en rassemblant politiquement toute la gauche. On ne peut rassembler que sur un contenu de gauche, c’est-à-dire ni sarkozyste ni blairiste. Ce contenu, c’est l’alternative au libéralisme qui précarise la France, fragilise l’Europe et divise le monde en deux : les sans cauchemars et les sans espoirs. Cette fatalité peut être stoppée et cette réalité changée. « Ensemble », la gauche. Cela suppose que ceux qui incarnent la gauche, à la base et au sommet, se retrouvent sur un programme d’action et, pour ceux qui le souhaitent et l’acceptent, au Gouvernement : l’unité – ne l’oubliez jamais ! – c’est la clé de 1936, de 1981 et de tous les succès. Cela impose de la part du Parti Socialiste un ancrage à gauche pour aujourd’hui et pour demain, et non une aventure vers l’extrême centre. « Ensemble », tous les socialistes. Nous devrons associer à notre campagne électorale puis au gouvernement toutes les sensibilités socialistes, parce que ce qui importe quand on pense à servir son pays, ce sont les talents et non les courants. « Ensemble » les Français, leurs syndicats, leurs associations, les élus locaux, en métropole comme outre-mer, avec lesquels nous pratiquerons la concertation, la négociation, la responsabilité : nous construirons l’avenir avec les Français. Dans cet esprit de participation, deux référendums auront lieu, l’un dans les six premiers mois, pour établir une République nouvelle, plus démocratique, qui sera une République parlementaire ; l’autre pour soumettre à nos concitoyens un nouveau projet de Constitution européenne qui tire les conséquences du vote des Français en 2005. Je ne propose donc pas un rendez-vous unique en 2007, puis plus rien pendant 5 ans, je souhaite une démocratie participative, en continu, pour une France
résolue à changer. Car il nous faut progresser, protéger, partager.

« Réussir ensemble le changement », voilà ce que la France attend. C’est le cœur de notre projet dont la force sera plus grande grâce à l’arrivée des nouveaux adhérents. Candidat socialiste à l’investiture présidentielle, je souhaite être le candidat de mesures concrètes et simples. Des mesures immédiatement réalisables pour beaucoup et qui changeront la donne.
• Mesure concrète, l’augmentation du Smic à au moins 1500 € avant la fin de la prochain législature, ainsi que celle des pensions et des salaires modestes et moyens. J’ai proposé cette augmentation. Certains l’ont contestée. Elle est maintenant plébiscitée. Mais les salariés s’interrogent : la fera- t-on vraiment ? Et quel effet sur l’économie ? Je veillerai à ce qu’elle soit réelle, rapide et réaliste. Je veillerai à ce qu’elle ne tire pas les autres salariés vers le bas. Je propose que dès l’été 2007, nous augmentions le SMIC de 6 %, soit plus du double de ce que serait son évolution normale. Cette augmentation sera réalisée sans alourdir le coût du travail dans les petites et moyennes entreprises, pour lesquelles des exonérations de charges doivent donc être prévues. A l’autre extrême, les rémunérations indécentes de certains dirigeants salariés devront être rendues vraiment transparentes et encadrées.
• Mesure concrète : un logement décent pour chacun. Ma commune compte plus de 70 % de logements sociaux, celle de M. Sarkozy moins de 3 %. Nous avons besoin de terrains moins chers, de constructions bon marché plus nombreuses, d’aides au logement revalorisées, d’un véritable « bouclier logement » pour les plus modestes. Les maires qui refusent ces constructions seront privés de subventions publiques dès la première année de l’alternance. Et que l’on ne dise pas que c’est impossible : ici-même, en Seine-Maritime, le Conseil général met en œuvre cette décision ! Il faudra demain l’étendre à tout le pays.
• Mesure concrète : un emploi ou une formation, notamment pour chaque jeune qu’il faudra accompagner afin d’entrer dans la vie active. La croissance sera soutenue à la fois par le pouvoir d’achat et par l’investissement des entreprises. Nous avons évidemment besoin des entreprises et des entrepreneurs. Une croissance durable pour l’emploi. Ne dissimulons pas que cela demandera beaucoup d’efforts. Le travail sera encouragé, et les contrats précaires pénalisés. Le CNE sera abrogé. Nous mettrons en oeuvre la sécurité professionnelle. Une Conférence Sociale se réunira dans les 3 mois après l’alternance.
• Mesure concrète : une éducation nationale aux moyens accrus. Ce sera notre premier projet et notre premier budget. Nous encouragerons les enseignants au lieu de les dénigrer ou de les transformer en « animateurs scolaires ». Ils seront secondés par des adultes plus nombreux dans les établissements mais il n’y aura pas de confusion des rôles et des genres – le scolaire n’est pas le militaire. Dès 2007, le budget sera renforcé pour l’éducation nationale, pour la culture et pour la recherche. Il sera allégé pour la défense, parce qu’il y existe de vraies marges de manœuvre sans désarmer en rien notre Nation.
• Mesure concrète : pour l’énergie et pour la lutte contre le réchauffement climatique l’effort en faveur des énergies renouvelables sera multiplié par 10 dans les 5 ans de la législature. L’utilisation des OGM pour les cultures de plein champ devra être arrêtée sans délai. Mettons en œuvre ces mesures concrètes, et vous verrez que le changement porté par le projet et par le candidat socialistes sera massivement soutenu.

Est-ce à dire que notre projet est déjà parfait à 100 % ? Il reste bien sûr à l’enrichir ! Par rapport au texte qui nous est soumis, les réponses à la mondialisation libérale devront être renforcées. La social-écologie, mieux affirmée. Les encouragements à l’activité des PME et des artisans, mieux distingués de la situation des grandes entreprises. La dépendance des personnes âgées pleinement prise en compte, de même que le handicap.

Les marges de manœuvre recensées, même si nos priorités sont financées – notamment par la relance de la croissance, par la remise en cause des cadeaux fiscaux de la droite aux plus fortunés, par la fin des exonérations de cotisations sociales pour les grandes entreprises dont l’impact sur l’emploi est faible ou illusoire et par un réexamen d’efficacité de toutes les dépenses de l’Etat.

Pour autant, je le répète, ce projet opère, dans l’ensemble, des choix avec lesquels je me sens pleinement à l’aise, que je veux mettre en œuvre, car je les crois indispensables. Je ne suis donc pas d’accord avec ceux des dirigeantes ou des dirigeants qui, sous prétexte de commenter le projet socialiste, commencent par le contredire et l’amoindrir. S’il faut avoir un débat, ayons-le maintenant. Mais il serait dommage que l’encre du projet à peine sèche, on nous explique qu’il est trop cher ou trop à gauche ; que, pour telle proposition importante : « on verra plus tard » ; et pour telle autre : « cela peut attendre ». Non, la mondialisation financière ne sera pas heureuse comme par enchantement et il faudra lutter fort pour la réguler et l’humaniser. Non, l’abrogation des lois les plus injustes de la droite ne sera pas éventuelle, mais réelle. Non, on ne peut pas affirmer d’un côté que l’on souhaite, dans les discours, un Etat plus actif et de l’autre que l’on ajournera, dans les actes, la renationalisation d’EDF-GDF : nous faisons ce choix, qui ne pèsera pas sur le budget, parce que dans la préparation de l’après pétrole, l’Etat ne doit pas être subordonné au marché. Non, la décentralisation ne
consiste pas à renforcer le « local » pour abaisser l’Etat, mais à s’appuyer sur les collectivités pour le l’épauler dans ses missions au service des citoyens. Non, notre campagne ne copiera pas concernant la sécurité les méthodes de droite qui ont échoué, et c’est sur l’économique et
le social que nous insisterons d’abord. Ne remplaçons pas le politique par le médiatique. Ne
mélangeons pas notre gauche et notre droite. En ce qui me concerne, je le dis clairement :
mon projet sera le projet des socialistes.

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Un projet n’est pas un programme ; c’est d’abord une réponse en termes de valeurs. Le socialisme est aussi ancien que la lutte contre l’injustice. Nos valeurs ne sont pas dépassées, elles sont actuelles. Raison de plus pour les réaffirmer.

La première s’appelle l’égalité. La mondialisation libérale accroît les inégalités entre pays et au sein de chaque nation. Dans un monde qui n’a jamais autant produit, 2 milliards de femmes et d’hommes ont faim ; en France, pays riche, au moins 2 millions d’enfants pauvres et plus de 3 millions de mal logés ! L’inégalité, c’est l’injustice ; l’inégalité, c’est la violence. Nous voulons, nous, plus d’égalité. Cela implique des règles, une organisation aux niveaux mondial, européen, national. C’est pourquoi nous revendiquons l’intervention publique, nous agissons pour et par une société régulée.
Les discriminations, quelles qu’elles soient, sont inacceptables. C’est vrai par exemple en matière de mœurs et d’égalité des droits, pour tous les couples, au mariage et à l’adoption : je veux le dire particulièrement en ce jour.

Nous voulons la liberté, pas celle du renard libre dans le poulailler prétendument libre, mais, en ce soixante dixième anniversaire du Front Populaire, la liberté telle que l’entendait Léon Blum, l’homme des congés payés et du Front populaire : « une société qui veut apporter à l’homme la liberté doit commencer par lui garantir l’existence ». Liberté de pensée et de communiquer, liberté d’agir et de travailler, liberté de mœurs, liberté d’accès à l’internet et libertés électroniques, liberté d’innover,… toutes les libertés dès lors qu’elles ne portent pas atteinte à la liberté d’autrui. C’est pourquoi nous sommes et nous serons toujours du côté des créateurs, du côté de la jeunesse qui est l’âge et l’agent des libertés.

Nos valeurs s’appellent la laïcité, qui n’est pas une opinion parmi d’autres, mais celle qui garantit toutes les autres. La laïcité n’a pas à être qualifiée par un adjectif, fut-ce « moderne », « responsable », « ouverte » : la laïcité tout simplement, qui sera garantie par une Charte, et mise en exergue dans le service civique obligatoire. Combien de conflits dans le monde liés à la confusion entre politique et religion ! Et nous, nous possédons ce trésor qui s’appelle la laïcité. Protégeons-la. Expliquons-la. C’est le meilleur rempart contre les violences et les guerres, pour ceux qui veulent, sans naïveté, un monde de concorde et de paix.

Nos valeurs s’appellent la solidarité, entre citoyens d’une même commune, d’une même région, ressortissants d’une même nation, entre frères et soeurs de continents différents et de générations différentes. C’est pourquoi nous pratiquerons la solidarité durable. Nous serons des « écologistes » au sens étymologique, soucieux de tout ce qui nous entoure, dépositaires et non pas possesseurs de la nature, résolus à n’agir ni en égoïstes ni en prédateurs, mais en gardiens et en sages. Soyons fiers de nos valeurs. Revendiquons-les. Appliquons-les.

Nos valeurs s’appellent l’Europe sociale et démocratique. Par deux fois, en 2004 lors des élections au Parlement européen, puis en 2005 lors du référendum sur la Constitution européenne, une majorité de Français, d’électeurs de gauche et d’électeurs socialistes ont dit non seulement leur préférence, mais leur exigence : l’Europe, une Europe sociale et démocratique, doit compter dans le monde et elle ne pèsera pas si elle s’aligne sur le libéralisme financier, celui de tous les moins disants – économiques, sociaux, environnementaux, culturels. Le vote des Français s’impose à tous et d’abord à ceux qui, en 2007, se présenteront à leurs suffrages. Les 25 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union viennent de décider qu’une renégociation du traité constitutionnel aura lieu – c’est donc qu’elle était possible ! –, qui devra s’achever fin 2008 sous présidence française. Si avec le gouvernement j’ai à conduire cette négociation face à nos partenaires pour aboutir à une relance européenne, à la table des discussions je ne serai pas, moi, en contradiction mais en adéquation avec le vote du peuple français, ce qui permettra à la France de peser et non, comme c’est le cas aujourd’hui avec Jacques Chirac, d’être affaiblie par un président que les Français n’ont pas suivi. Contrairement à M. Sarkozy, je ne me contenterai pas d’un Traité minimaliste, soumis au Parlement, pour une Europe en peau de chagrin ; il nous faut une vraie et bonne Constitution pour l’Europe, et cette Constitution devra être ratifiée par les Français, par le dernier mot, en démocratie, doit revenir au peuple souverain.

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Ces valeurs rappelées dans notre projet ne nous éloignent pas de la politique, au contraire elles nous en rapprochent. C’est parce qu’elles sont les nôtres que nous n’aurons pas le même comportement que la droite et l’extrême droite par exemple face à l’immigration. L’immigré n’est pas un ennemi, mais une personne qui souvent a dû quitter son pays, poussée par les circonstances, l’oppression, la misère. Le premier commandement face à l’immigration est donc de comprendre qu’il nous faut agir davantage et mieux pour aider les pays pauvres. Nous le ferons en accroissant et en améliorant notre appui. Nous traiterons avec respect les migrants qui se trouvent régulièrement sur notre sol. Ils méritent qu’on agisse contre toutes les discriminations dont ils sont victimes, eux et leurs enfants parfois scandaleusement arrachés de leur école, et il est légitime - il est même grand temps - qu’aux élections locales ils aient enfin le droit de vote. Quant aux filières clandestines relevant des marchands d’esclaves, nous serons inflexibles à leur égard. La loi Sarkozy ne réduira pas le nombre des clandestins, elle l’augmente ; elle sera remise en cause. Il faudra bien aussi, le moment venu et d’une façon responsable, régulariser ceux dont on sait qu’ils resteront finalement sur notre sol et qui y sont présents depuis des années. La France est riche de sa diversité. N’abandonnons pas ce « marqueur » de la gauche et cette exigence de la République. Soyons fermes et soyons humains.

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Chers amis,
Une élection présidentielle, ce sont aussi des candidats. Rien n’est joué d’avance et notre destin est entre nos mains. A l’approche de chaque élection, de bons esprits donnent le résultat des votes avant qu’ils aient lieu ; neuf fois sur dix ils se trompent. Ce sont les mêmes qui nous disaient hier que le "Oui" l’avait déjà emporté au référendum constitutionnel, et avant-hier que M. Balladur était déjà à l’Elysée. Les jeux seraient donc faits et les couvertures des magazines déjà imprimées. L’ennui, c’est que les Français ne se sont pas prononcés, pas plus que les adhérents du Parti Socialiste. L’ennui, c’est que les Français n’aiment pas qu’on écrive l’histoire à leur place. Ceux qui disent que la messe est dite ont au moins deux problèmes : l’un avec la laïcité, l’autre avec la démocratie. Eh bien, moi, je crois en la capacité à convaincre, je crois en l’utilité du politique, et je vous dis : défendez fraternellement vos idées, portez haut vos couleurs, ne vous laissez pas impressionner. Tout commence. Nous sommes là, ensemble, parce que nous pensons que le Parti Socialiste, la gauche, la République et la France peuvent réaliser de grandes choses. Nous sommes là parce que nous voulons redonner une espérance et une fierté à nos compatriotes que l’on dépossède de l’une et de l’autre.

Nos idées ont progressé. Dès 2002, j’avais souligné qu’il fallait partir à « la reconquête des électeurs qui nous avaient sanctionnés » le 21 avril, en particulier les couches populaires et les enseignants. Dès 2003, j’ai dit la nécessité d’une « opposition frontale » à la droite et cette ligne sans concession a facilité les beaux succès collectifs de nos candidates et candidats aux élections l’année suivante. Au Congrès de Dijon, j’ai voulu que nous soyons « le parti de la laïcité » contre le communautarisme : à l’époque beaucoup, et non des moindres, avaient une vision différente, refusant l’interdiction du port des signes religieux dans nos écoles ; la laïcité est désormais en bonne place dans notre projet. En 2004, « j’ai refusé la dérive libérale de l’Europe » : la majorité des électeurs de gauche en ont fait autant le 29 mai et notre projet est désormais clair sur ce point. En 2005, ici à Grand-Quevilly, j’ai demandé que la priorité soit donnée au social – « un emploi, un logement, un savoir » – et là encore, notre projet en porte la marque. Lors de notre Congrès du Mans, j’ai proposé « le SMIC à 1500 € » et la stratégie de « rassemblement à gauche » à l’exclusion de toute alliance de revers ; certains m’ont critiqué, mais je constate aujourd’hui que le projet des socialistes va dans ce sens – tant mieux ! Ce rassemblement reste à construire et ce n’est certainement pas en chapitrant nos alliés naturels –communistes, verts, radicaux, citoyens – tout en laissant entendre que nous n’appliquerions pas nous-mêmes notre projet que nous pourrons les unir dans un contrat de gouvernement. Enfin, plus récemment, j’ai plaidé avec d’autres pour « une République parlementaire nouvelle » et, là encore, alors que certains hésitaient, penchaient pour un régime présidentiel, voulaient s’en tenir à des aménagements à la marge ou à quelques bonnes pratiques locales ou électroniques, nous avons obtenu gain de cause. Grâce aux militants, nos idées progressent, notre mobilisation est utile : voilà une raison d’être plus déterminé que jamais. Le fait que ces propositions soient au cœur du projet constitue une excellente nouvelle, non pas pour nous-mêmes, mais pour les Français et d’abord pour les femmes et les hommes dont nous voulons améliorer la vie et changer l’avenir.

Je n’ignore pas qu’on formule parfois à mon égard certaines objections – même si c’est très rare ! -, notamment une présence politique déjà un peu longue. C’est d’autant plus amusant quand celles et ceux qui nourrissent ces griefs occupaient parfois un bureau proche du mien au début des années 1980. Mais, c’est vrai, je le confesse, quand François Mitterrand m’a demandé de l’accompagner dans son chemin pour la gauche et pour la France, je n’étais encore qu’un jeune homme. Grâce à sa confiance, j’ai pu agir et apprendre à ses côtés, avec un esprit de paix et de justice, avec cet amour de la France sans lequel il n’y a pas de service du pays. Comme d’autres, comme chacun d’entre nous dans sa vie, j’ai connu des réussites et j’ai affronté des revers. L’expérience, si on sait en tirer les leçons, n’est pas inutile et je me
sens prêt. Il y a près de trois décennies que je suis l’élu de cette ville ouvrière que j’aime, devrais-je en rougir ? J’en suis fier ! Reproche-t-on à un boulanger ou à un professeur de remplir avec constance leur tâche ? Non et à juste titre : parce que l’expérience – et les épreuves qui vont avec – est un atout, à condition de la mettre au service d’un projet et d’un idéal qui dépasse nos personnes. Je souhaite, par un vrai changement, permettre un progrès partagé pour une France redevenue solide et solidaire, une France qui sera de nouveau en tête. Je ne cours pas après les honneurs, je les ai tous connus de près. Mais je vois que mon pays va mal et je pense savoir comment le remettre sur pied, avec tous les socialistes, toute la gauche, avec vous tous et la fantastique énergie libérée des Français.

On me dit aussi: « vous avez changé » – est-ce une critique ou un compliment ? Sur le plan des valeurs et des convictions, je n’ai pas changé au cours de ces années et je ne changerai
pas : je suis socialiste, républicain et laïc ; je suis pro-européen et internationaliste. Mais, dans
les modalités de notre action, je reconnais que je tire les leçons de l’expérience et que je tiens
compte des mutations autour de nous. « Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le
réel » disait Jaurès. Je le revendique. Le capitalisme est plus puissant, plus mondial, plus financier, plus brutal qu’il y a 20 ans : il faut donc que nous soyons encore plus volontaires et pas seulement dans les paroles ou les postures, mais dans nos actes. Les risques d’une Europe ventre-mou du libéralisme sont plus forts qu’il y a 10 ans : il faut donc que nous soyons encore plus déterminés. Le service public est remis en cause : il faut donc résister avec encore davantage de fermeté pour le réaffirmer. Le retard scientifique et entrepreneurial de notre pays s’accroît : il faut de plus en plus que la gauche innove et entreprenne. Nous avons accompli de grandes choses, mais aussi commis des erreurs : nous devons en tenir compte. J’assume tout cela dans un discours de vérité.

Arrêtons de dire à la jeunesse : vous êtes la génération qui n’a plus le choix, celle pour qui tout est déjà joué, car ce n’est pas la vérité. Le monde qui nous attend, les jeunes en seront les architectes et les acteurs. Oui, l’avenir est lourd de menaces. Mais si nous savons le maîtriser, l’orienter, le civiliser, je vous dis qu’il peut être, aussi, magnifique de promesses : le progrès technologique, la diffusion du savoir, l’amélioration des communications, les avancées de la médecine, le recul de la maladie. La jeunesse est une chance, non une charge. Il faut compter sur elle plutôt que sans elle. Il faut construire avec elle plutôt que lui faire la leçon. La société du kärcher ou du martinet, à qui fera-t-on croire qu’il s’agit là d’un choix mobilisateur pour la jeune fille ou le jeune homme qui votera l’an prochain pour élire le chef de l’Etat et qui démarre dans la vie ? Je propose la croissance durable par l’innovation, par l’éducation et par l’engagement public. Je propose de lutter contre les excès de la mondialisation. Je propose de refaire France par une République nouvelle. Je propose une volonté politique forte pour construire une France solidaire, confiante et rayonnante.

On me demande parfois comment je tiens bon face aux attaques. Je tiens bon parce que je sais que nos idées sont justes. Parce que je me sens en accord avec le projet qui est le nôtre, avec vous toutes et vous tous et avec notre peuple. Je tiens bon parce que j’ai envie d’agir pour mon pays et pour le changement. Parce que j’ai toujours donné le meilleur de moi-même dans les tempêtes, face aux bourrasques, plutôt que par temps calme et par mer plate. Je tiens bon parce qu’à la fin des fins, c’est la détermination qui fait la différence.

Non, il n’y a aucune fatalité du déclin. Oui, la France n’est pas seulement l’addition de territoires et de communautés dans une Europe qui stagnerait et dans un monde qui lui échapperait. Elle peut, elle doit redevenir une grande nation, plus grande qu’elle-même, généreuse, créatrice, entraînante. Oui, la République et la France ont perdu assez de terrain. Il est temps que le vent du changement se lève. Il est temps de réussir le changement ensemble.

Vive la République ! Vive la France !
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Jeudi 6 juillet 2006
     Nous avons un projet.

     Le texte proposé aux militants a été ratifié le 22 juin dernier par 85% des militants socialistes étant venus votés; le samedi 1er juillet, en convention nationale, les délégués des fédérations, parmi lesquels je me trouvais pour représenter le Rhône, acceptaient quelques amendements militants avant de ratifier ce vote de la semaine précédente.

     Ce projet, je suis à l’aise avec lui. À défaut d’apprécier la manière dont il a été fait, j’apprécie son contenu.

     Va-t-il aussi loin que je pourrai toujours le souhaiter? Non, mais il est le fruit d’un compromis dans lequel je me retrouve:  hausse du S.M.I.C. à 1 500 €, conférences salariales, 120 000 logements sociaux par ans, renforcement des moyens de l’Éducation Nationale, mariage homosexuel et homoparentalité, droit local d’élection pour les ressortissants étrangers, abrogations de lois destructrices du lien social votées ces dernières années par la Droite,…

     C’est un projet qui me convient beaucoup mieux que celui de 2002, qui devait nous conduire à la victoire et allait nous mener au désastre, un désastre inassumé par beaucoup.

     Peu ont eu le courage de se remettre en cause, de s’interroger sur les raisons de cet échec du 21 avril, de se demander pourquoi le Parti Socialiste s’est retrouvé en désaccord avec sa base sociologique et donc électorale.

    La nature du projet actuel montre que pourtant certaines lignes se sont infléchies, après le 2nd échec du 29 mai 2005, quand de nouveau le parti se retrouvait pris dans un grand écart entre sa direction d’une part, sa base sociale de l’autre.

     Mais cette inflexion, peu de personne au P.S. veulent la revendiquer, car l’affirmer devrait conduire à un bilan personnel public, qui pourrait contrecarrer les ambitions avouées ou non de certain(e)s.

     Nous avons un projet, un projet socialiste.

    Nous devons maintenant passer à l’étape suivante. Qui est le plus à même de porter ce projet?

     Tout le monde a-t-il le même droit de le défendre? Je n’en suis pas sûr, lorsque j’entends, lorsque je lis Dominique STRAUSS KAHN ou Jack LANG, pour qui il ne s’agit que d’un vague cadre dont on peut disposer à sa guise. Plutôt surprenant de la part de certains dirigeants socialistes qui se sont faits il y a quelques temps les hérauts du respect du vote militant.

     Tout le monde est-il intéressé par le projet? Je n’ai pas l’impression que c’est le cas de Ségolène ROYAL, qui a passé son temps à dire qu’elle serait la candidate du projet mais a multiplié les déclarations qui en vont à l’encontre. Surtout, pendant que d’autres travaillaient à améliorer ce projet par des propositions internes, elle a surtout oeuvré à son plan media, visiblement peu intéressée par la vie interne de son parti.

     Certains ont promu leur candidature avant la finalisation du projet, et c’est regrettable. Le contexte y était favorable, avec la campagne d’adhésion à 20€, axée sur la possibilité de choisir le candidat socialiste à la présidentielle! Veut-on un parti de fan ou un parti de militants? L’ambition du couple HOLLANDE - ROYAL les a conduit à faire un choix qui n’est pas le mien.

     Nous avons un projet, et c’est maintenant seulement qu’il faut passer à la phase suivante, désigner notre candidat à l’élection présidentielle, celui qui portera notre projet et assurera le rassemblement de la Gauche, au profit de nos concitoyens. Celui qui permettra de réussir ensemble le changement.

     Je veux un candidat qui s’annonce respectueux du projet socialiste qu’il a contribué à enrichir, pas un candidat qui s’enferme dans une logique médiatique creuse sur le fond, qui veut des fans suivistes plutôt que des militants prêt aux combats.

     Je veux un candidat qui a tiré les leçons du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005, et qui l’assume clairement, honnêtement, pour permettre au P.S. de rassembler la Gauche et de renouer avec sa base électorale, en répondant à ses attentes et à ses aspirations sociales.

    Quand je pose ces conditions, quand je fais la liste des prétendants actuels à la candidature, je ne vois qu’une seule personne qui remplisse ces conditions, c’est Laurent FABIUS.

     Aujourd’hui, il est celui qui peut nous permettre de réussir ensemble le changement.

     Amitiés socialistes,


     S.G.
Par Stéphane GOMEZ
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Vendredi 28 juillet 2006
Challenges.fr | 20.07.2006 | 11:27

     Le député de Seine-Maritime Laurent Fabius, candidat à l'investiture du PS pour la présidentielle, a défendu, jeudi 20 juillet sur France 2, une "ligne clairement de gauche" qu'il se propose d'incarner.

     "Je crois qu'il faut tirer les leçons de 2002, il faut se recadrer sur une ligne clairement de gauche. Le choix principal, il est entre un certain nombre d'hommes et de femmes qui ont une ligne qui les rapproche davantage du centre, et une ligne clairement de gauche".

     "Moi, je refuse de me soumettre à la mondialisation financière. Il faut une politique différente, tournée vers l'homme et pas vers le profit", a ajouté l'ancien Premier ministre.

     Faisant allusion aux propos tenus par son adversaire dans la course à l'investiture, Ségolène Royal, Laurent Fabius a estimé que ce n'est pas "en copiant M. Blair" qu"'on va aboutir à des résultats mirobolants". "Je ne pense pas que le modèle doit être pris ailleurs", a-t-il noté.

"Ce n'est pas sainte Sofres ou sainte Ifop qui doit choisir notre candidat"

     Interrogé sur les bons scores de Ségolène Royal dans les sondages, Laurent Fabius a déclaré que "ça ne signifie rien du tout dix mois avant les élections". "Ca n'a aucune signification, ce n'est pas sainte Sofres ou sainte Ifop qui doit choisir notre candidat", a-t-il ironisé.

     L'ancien ministre des Finances a demandé l'organisation de "grands débats retransmis par la télévision où nous verrons côte à côte les principaux candidats du PS" pour déterminer "qui a l'expérience, qui a la possibilité de porter cette ligne" de gauche qu'il appelle de ses vœux.

     "Si je suis investi pour la candidature présidentielle, je rassemblerai autour de moi tous mes compétiteurs et j'en aurai besoin pour former le gouvernement, je suis clair", a annoncé Laurent Fabius. (AP)
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Vendredi 1 septembre 2006

Interview de Jean-Luc Mélenchon publiée dans France Soir le mardi 29 août 2006

Quel bilan tirez-vous de la Rochelle?
On s'en est plutôt bien sorti. Il y avait un vrai risque que ça tourne au vinaigre car jamais le parti socialiste n'a été dans une telle situation : avec 4 candidats officiels, plus deux autres qui ont quasiment annoncé leur candidature sur place. Ca aurait pu vraiment mal tourner! D'autant que Strauss-Kahn et Jospin ont organisé des réunions à part, à l'intérieur même de l'université. Certes, il il y a eu parfois un côté « Festival de Cannes », avec les caméras et les émotions, mais on est restés dignes en mettant d'abord en avant tout ce que nous avons en commun.

A quoi, ou à qui, devez vous cette discipline?
Au devoir de responsabilité de chacun avant tout. Les présidentiables n’avaient aucun intérêt à se chamailler en public. Leur image de futur président aurait explosé… C'est sans doute le seul bénéfice de la présidentialisation de la vie politique….

Quels sont les inconvénients de cette « présidentialisation »?
Une grande confusion. Tout est ramené à la personne rien aux idées. Du même coup, la principale élection est progressivement totalement dépolitisée. Le sexe ou le physique du prétendant compte davantage que son programme ! C’est fou, non ?

Vous dénoncez la peoplisation qui entoure la candidature de Ségolène Royal?
Je constate que dans peoplisation, il y a peuple, mais aussi pipeau! Ce n'est pas Ségolène Royal qui l'a créée, ce sont des médias médiocres et la surenchère de leur confrère. Elle, simplement, elle l'utilise. C’est habile. Cela lui permet de surfer sur la vague. Mais est ce respectueux de l’intelligence des citoyens ? Et je crains qu'on n'ait pas encore touché le fond. Même si avec les photos volée en maillot de bain, les médias voyous sont déjà allés bien loin !

N'atteint-on pas les limites de la démocratie?
Oui, car on délaisse finalement les graves enjeux du moments. Au-delà de la personnalisation des débats, il y a un enjeu politique majeur: comment le parti socialiste va-t-il se définir? Va-t-il rester fidèle à la tradition du parti socialiste français, ou va-t-il s'aligner sur d'autres modèles, comme le blairisme en Angleterre ou le SPD en Allemagne, qui mènent des politiques de droite et participent au démembrement de l'Etat social? Laurent Fabius, au contraire, est sur la ligne traditionnelle originale du parti socialiste français. Ségolène, elle, parle comme Zapatero et Blair. C’est très discutable sur le plan social. Et elle a pensé surfé sur la sécurité pour faire plaisir à un électorat anxieux. Mais ce qu’elle a proposé est absolument irréaliste et injuste. D’ailleurs le Projet du PS l’a rejeté.

Y aura-t-il des alliances entre candidats?
Les débats vont être tumultueux. Le retour de Jospin va avoir des conséquences. Il est le père tutélaire de beaucoup, et il n'acceptera pas que l'on casse tout ce qui a été fait par le passé. Il va y avoir des explications. Mais ce n'est pas les « éléphants contre la gazelle ». Le féminin d’éléphant ce n’est d’ailleurs pas gazelle… Et son entourage compte quelques hommes d’appareil très peu poétique…

Vous soutenez Laurent Fabius. Quelles sont ses chances?
Je ne suis pas un fabiusien et je me suis souvent opposé à lui. Mais il défend les valeurs du socialisme français et c'est important d'avoir un tenant du non à l'Elysée lorsque la France présidera l'Europe en 2008. Car le président devra avoir les épaules larges, à ce moment-là, pour résister aux pressions des autres pays de l'Union qui chercheront nous imposer à nouveau la Constitution. Au PS il est le seul, comme Ségolène Royal à rassembler au-delà de son camp. J'en suis la preuve!

Combien aurons nous de candidats à la fin?
Entre deux, puisque Fabius ira jusqu'au bout, et six... Sans doute trois. Il y a une possibilité de regroupement entre Ségolène, Hollande et Jospin. Je pense que ce dernier a vraiment envie d'y aller, s'il en a la possibilité. Malheur donc à celui ou celle qui empêchera Jospin d'être candidat, car il les a tous faits.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Mardi 5 septembre 2006

Lu sur le blog de Marie-Noëlle Lienemann


Une fois de plus, Ségolène Royal veut tout focaliser sur la question de l’insécurité et passe sous silence l’ensemble des difficultés que doit surmonter l’Education Nationale avec au premier chef l’enjeu des inégalités sociales et de l’échec des enfants les plus en difficultés.
Passe encore, que l’ancienne ministre déléguée à la vie scolaire et à la famille, se place sur le terrain classique de la droite, mais le plus grave est que les solutions qu’elle préconise sont ineptes et inopérantes.

Rapporteur d’un groupe de travail interministériel sur l’aide aux victimes, nous avions traité de la question de la violence dans les établissements scolaires et singulièrement en collège et en lycée professionnelle. Les propositions faites alors ont manifestement peu intéressé une ministre qui aurait pu alors agir. L’une des propositions était la constitution dans les établissements scolaires d’un lieu ressource où les élèves victimes (ou délinquants) pouvait venir confier en toute confidentialité ses problèmes et évoquer la façon de les régler. Evidemment, cela exigeait que l’établissement et L’Education Nationale sollicitent si besoin la justice et en particulier la médiation pénale. Mais la chaine des violences subies est complexe et peut démarrer par des pressions difficilement qualifiables au niveau pénal, et pourtant extrêmement perturbantes pour un enfant ! Ce lieu ressource doit être composé de psychologue, de conseillers d’éducations voir d’infirmières scolaires et s’adjoindre des enseignants car autour de ce lieu doit s’engager un véritable travail sur la non violence qui est une œuvre éducative majeure.

J’ai vécu longtemps en grand-ensemble et fut plus de trente ans élue de banlieue, je peux affirmer que c’est bien le niveau global de violence et de tension qui s’accroît et pas seulement quelques cas isolés de « déviance » qui perturbent le reste. Ces enfants extrêmes ne sont que la partie visible d’un iceberg !

Plus la pression monte, plus la violence vient en écho, plus forte encore. Il faut donc faire respecter avec rigueur la loi et la règle, lever la chape de plomb de la peur qui saisit le plus faible et les victimes mais faire œuvre permanente de sérénité, de dialogue, d’affection et de nouvelles chances ouvertes à tous. Oui il faut parler d’affection car les enfants souffrent beaucoup dans des familles où s’accumulent les problèmes financiers sociaux et relationnels. Dans nos commissariats, le plus grand nombre de plaintes ou mains courantes concernent les violences familiales ! Alors, mettre un « surveillant » chargé de la discipline dans les classes difficiles (c’est quoi une classe difficile ?? )Professeur dans des collèges de banlieue, j’avais déjà pu observer que certaines classes posaient problèmes avec certains enseignants et pas d’autres ! Un "surveillant" à côté du professeur vient en fait contester son autorité.

Il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme. Il faut consolider l’autorité des enseignants ! Oui. Mais en leur permettant de l’exercer eux même dans de bonnes conditions. Moins d’élèves dans ces classes où à l’évidence échecs scolaires et comportements difficiles se mêlent, lieu ressource, cellule éducative de lutte contre la violence, des nouvelles pratiques plus systématiques et participatives d’instruction civique, classe relais avec des éducateurs de prévention pour les jeunes les plus perturbés. Faire taire un élève qui ne fait rien et a décroché au fond de la classe, est-ce la bonne méthode ? Quelle violence sortira t’il dehors ?

L’école est là pour enseigner et éduquer et la noblesse du service public est de la faire partout et pour tous ! Mais chacun voit bien que la dureté des temps et de la société exigent des moyens, une mobilisation de tous, la confiance dans les enseignants. Le gouvernement fait l’inverse ! Soyons solidaires des grèves enseignantes qui se préparent ! Dénonçons la réduction du nombre de postes dans les concours d’enseignants l’an prochain!

Développons aussi le pré-recrutement pour que les jeunes des milieux populaires et des cités soient payés pendant leurs études pour devenir instituteurs ou professeurs. Recrutons au sein de l’éducation des psychologues, des orthophonistes, des éducateurs spécialisés pour accompagner les enseignants dans leurs tâches éducatives, à travers des structures nouvelles dans les établissements ! Mais là, il faut des moyens, des personnels formés !
Sinon, insensiblement nous glisserons vers un système à l’américaine. Les mauvaises réponses qui y sont apportées là bas ne doivent en aucun cas faire école chez nous ! Regardez la vidéo du film : bowling for colombine !

D’ailleurs quand Sarkozy parle de rupture, c’est bel et bien avec la tradition républicaine et avec le gaullisme qu’il veut rompre. Quand à la présidente de Poitou-Charentes, rien n’est clair. Elle déclarait lors d'un entretien à Vogue en mars 2006: "Je crois que je peux battre Nicolas Sarkozy. Il dit qu'il veut faire la rupture, je suis la rupture."

Et aujourd'hui, après le discours de Sarkozy, à Montpellier, elle déclare aux journalistes: "Je ne suis pas la rupture, je suis la transmission vers le progrès pour préparer l'avenir". Les Raffarinades sont-elles une spécialité régionale. NON, soyons sérieux.

L’essentiel est notre projet pour l’école qui va de pair avec un profond changement de notre société et de politique économique et sociale ! Une autre politique est possible..

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Samedi 9 septembre 2006

(AFP - 08/09/06)

Jack Lang a fait savoir vendredi qu'il avait donné son accord pour participer à une émission de France 2 réunissant tous les candidats à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle, une proposition à laquelle agréent aussi Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

Le député du Pas-de-Calais "a donné son accord" à la directrice de l'information de la chaîne, Arlette Chabot, a indiqué son entourage en rappelant qu'il avait été "le premier à proposer qu'une chaîne de télévision retransmette des débats entre les candidats" à la candidature.

De son côté, M. Fabius a donné "oralement" son accord à France 2, a indiqué un de ses collaborateurs interrogé par l'AFP. Jeudi, M. Strauss-Kahn s'était aussi dit "disposé à tout débat". "Du moment qu'on est deux...", avait-il plaisanté.

Le premier secrétaire du PS François Hollande avait jugé mercredi "prématuré" de donner une réponse tant qu'on ne connaît pas le nom des postulants, le dépôt des candidatures ayant lieu entre le 28 septembre et le 3 octobre. "Ce n'est pas à la télévision de décider des formes, des modalités et des modes de retransmission des débats des socialistes", a-t-il ajouté.

Quant à Ségolène Royal, elle a affirmé à plusieurs reprises vouloir privilégier le débat contre la droite, pour ne pas nuire à "l'unité" des socialistes.

France 2 a proposé aux présidentiables de répondre "successivement" à l'antenne à des questions.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Lundi 18 septembre 2006
Le discours de Laurent Fabius à Lens samedi 16 septembre dernier a frappé tous les esprits. Vivement applaudi par les 2000 militants présents, Laurent Fabius a convaincu toutes les personnes présentes, non seulement par la solidité de ses arguments et sa pugnacité mais également par la profondeur et la sincérité de son engagement à gauche. Loin de l'image que tentent d'imposer des sondages payés par les médias, l'impact de la prestation de Laurent Fabius devant une salle qui n'était pas a priori acquise démontre que rien n'est joué au sein du Parti socialiste et que les militants ne se laisseront pas imposer un(e) candidat(e) par les médias.

      Mes camarades,

     La discussion, oui. La dispute, non. Voilà les limites et l’objectif de ce que nous faisons aujourd’hui et qu’il faudra continuer dans les semaines qui viennent. Car je ne sais pas quel est votre sentiment à cet instant où, avant-dernier orateur, je m’exprime, mais probablement beaucoup d’entre nous et, au-delà de cette salle, beaucoup de ceux qui nous écoutent ou nous écouteront grâce à la presse, doivent se dire « mais au fond ces socialistes, ils sont venus l’un après l’autre, sympathiques, talentueux, mais ils sont d’accord ». Et c’est vrai que sur l’essentiel, nous sommes d’accord. Sinon nous ne serions pas socialistes. Mais il y a aussi des points, pourquoi ne pas le dire, sur lesquels il faut aller plus loin dans notre discussion. Car il ne serait pas normal que les débats, comme c’est le cas aujourd’hui, aient lieu à propos du Parti Socialiste partout en France, sauf véritablement au sein du PS. Il faut les débats au sein du PS, aux militants de trancher et ensuite tout le monde rassemblé dans l’unité.


     Nous ne savons pas encore qui sera notre candidat. Mais nous savons déjà qui sera notre adversaire et il ne serait pas normal que, passant quelques heures ensemble, relayées puissamment, nous ne consacrions pas une part importante à cet adversaire. François le fera sans doute. Je le ferai en quelques dizaines de secondes à ma manière.


     Oui, on l’a dit, monsieur Sarkozy est un homme dangereux. Mais le danger est encore plus grand lorsqu’il est assorti de talent et de moyens financiers et médiatiques considérables. (applaudissements) Et autant je suis en désaccord sur beaucoup de points avec M. Bayrou, autant je pense que sur cette question du contrôle financier, économique des médias, il a eu raison de dire ce qu’il a dit.


      Monsieur Sarkozy, qui sera vraisemblablement candidat à la présidence de la République, est un réactionnaire. Nous, nous sommes socialistes. En une seule après-midi, se posant par hélicoptère au Medef, il a, pour faire bonne mesure, sacrifié le droit de grève, annulé les 35 heures, et, comme oral de rattrapage, la semaine suivante il veut supprimer les régimes spéciaux, dont, je m’empresse de le dire, le régime minier, et ça veut dire quelque chose dans le Nord et le Pas-de-Calais.


     Monsieur Sarkozy, futur candidat à la présidence de la République n’est pas un républicain laïc, c’est un communautariste et j’ai encore dans l’oreille sa phrase fameuse : « Je nomme ce monsieur préfet car il est musulman ». Il faut nommer des préfets non pas parce qu’ils sont musulmans, catholiques, protestants, que sais-je encore... mais parce qu’ils ont la compétence, au nom de l’Etat, d’exercer leurs fonctions.


     Monsieur Sarkozy n’est pas un Européen convaincu comme nous tous, qui défend les intérêts de la France, il est avant tout un pro américaniste, il est un zélateur de Bush. Nous n’avons pas besoin à la tête de l’Etat de quelqu’un qui se fixe comme programme d’être le futur caniche du président des Etats-Unis.


     Chers camarades,


     La devise de la République française, c’est liberté, égalité, fraternité. Et bien moi, je me battrai de toutes mes forces, je dis bien de toutes mes forces, pour que n’accède pas à cette plus haute charge, quelqu’un dont, en fait, la vision des choses est "marche ou crève". Il n’en est pas question.


     Mais à partir de cela, se pose un problème politique. M. Sarkozy prend cette position non seulement parce qu’elle est profondément la sienne, mais parce qu’il veut draguer l’extrême droite dont il ne faut pas minimiser aujourd’hui et demain l’influence.


     Et je crois comprendre que dans le débat implicite, respectueux des femmes et des hommes, qui s’établit chez nous, il y a deux positions possibles sur l’attitude que nous devons prendre. Ou bien, on dit de toute manière la gauche sera obligée de voter pour le candidat socialiste. Alors n’en faisons pas trop, essayons au contraire d’aller braconner sur d’autres terres pour faire des additions.


     Telle n’est pas, mes camarades, ma position et ma proposition de stratégie. La gauche ne peut gagner que rassemblée. Le rassemblement ne peut s’opérer que sur des positions authentiquement de gauche. Il faut au premier tour que tout se fasse pour que le rassemblement de la gauche s’opère autour du candidat socialiste et ensuite au deuxième tour viendra le reste. C’est la seule stratégie gagnante pour battre la droite en 2007.


     Chers camarades,


     J’ai l’intention d’être candidat à l’investiture. Je m’y suis préparé. Je me sens, comme d’autres, en capacité de l’être et je le souhaite. Ce sera aux militants de trancher. Mais je peux d’ores et déjà dire, faisant écho aux propos qui ont été tenus, que le futur président aura au moins quatre immenses défis à relever.


     Le premier, c’est le défi du quotidien, le défi du pouvoir d’achat, le défi du logement, le défi de la santé. Bref qu’on puisse dire, et mon projet le voici, c’est le notre, le nôtre à tous. Qu’on puisse dire si je vote socialiste, voilà ce que cela changera dans ma vie quotidienne. C’est pourquoi parmi d’autres, avec d’autres, j’ai fait la proposition d’un SMIC à 1500 €, d’abord récusée ensuite acceptée par tous, je m’en félicite. Mais je pense qu’il faut être plus précis. Le SMIC aujourd’hui en brut est à 1254 €. Je pense que parmi les propositions emblématiques que nous devrons porter dans cette campagne tous ensembles, il y a une augmentation immédiate du SMIC que j’ai proposé, pour ma part, de chiffrer à 100 euros.


     On me dit, « ce n’est pas le problème ». Je ne dis pas que le seul problème concerne les smicards, même s’il y a près de 20 % de la population qui est au SMIC et davantage encore chez les femmes. Mais on ne peut pas éluder les choses d’un coup. Il y a de la misère dans le pays, et d’abord dans cette région et dans beaucoup d’autres, et dans la mienne aussi, et partout en France. Et la gauche venant au pouvoir ne serait pas capable de proposer une augmentation de 100 euros ? Je dis que si on est de gauche, et compte tenu des expériences que nous avons faites les uns les autres au pouvoir, la première traduction de la gauche revenant aux responsabilités doit être une augmentation des salaires et d’abord des petits salaires.


     Il y a eu un débat sur la carte scolaire. Mes camarades, je le dis clairement, tout en respectant chacune et chacun, mon idéal n’est certainement pas la suppression de la carte scolaire. Pourquoi ? Parce que si on la supprime... L’aménager oui, mais encore faut il voir les conséquences. Admettez qu’il y ait le choix entre beaucoup d’établissements, on sait bien qui se portera dans les établissements huppés. Une certaine catégorie de la population ou les enfants qui auront des notes formidables. Mais les autres, ce que nous voulons aussi protéger, ils resteront dans des établissements désertés par tous.


     On sait d’ores et déjà quels sont les établissements qui ont besoin de moyens, c’est à ces établissements qu’il faut donner des moyens en subordonnant l’attribution des moyens aux origines sociales. En incluant effectivement l’enseignement privé, qui doit prendre sa part de la mixité sociale. En faisant en sorte que les jeunes qui se destinent au professorat puissent déjà avoir un salaire, pour qu’ils ne soient pas empêchés d’accéder à ce superbe métier parce qu’ils n’ont pas les possibilités de faire des études. En développant, Daniel [Percheron] a eu raison de le faire, l’enseignement supérieur. Mais non pas en supprimant l’outil fort de la mixité sociale qui s’appelle la carte scolaire. Je ne serai jamais sur cette position là.


     Il faut d’abord que notre candidat soit le candidat du pouvoir d’achat. Il faut qu’il soit aussi le candidat de l’excellence environnementale. Ceux qui ne connaissent pas la région disent « tu vas dans le Pas-de-Calais, ne parle pas trop d’environnement ». Evidemment, qu’ il faut en parler. Evidemment, qu’on sait bien que le XXIe siècle ou bien sera écologique ou bien n’existera même plus car nous aurons détruit la terre, d’où la nécessité, dans la ligne de notre projet, d’un programme précis prévoyant les énergies renouvelables, les économies d’énergie, plus de transport collectif et non pas la suppression par l’Etat des moyens des transports collectifs.


     C’est le débat Gaz de France. Au-delà des arguments excellents qui ont été donnés, parce que la privatisation de gaz de France ce serait évidemment l’augmentation des tarifs, tout le monde peut le comprendre, je n’admets pas un instant et je trouve ça stupide et à vrai dire presque criminel, qu’alors que tous les pays du monde savent bien que la crise énergétique implique de reprendre en main les capacités énergétiques, la France avec un gouvernement de droite serait la seule qui donnerait GDF confié aux pouvoirs privés, cela n’a pas de sens. Nous devons garder la maîtrise de notre énergie. Oui, je suis pour la renationalisation de GDF et aussi pour la reconquête à cent pour cent d’EDF.


     Il faut, troisième tâche du futur président de la République, introduire la démocratie partout, on l’a fort bien dit, les uns et les autres. Et en particulier, Dominique, en répondant aux questions que tu as légitimement posées. Nous sommes à fond pour la décentralisation, mais la décentralisation ne veut pas dire la suppression du rôle de l’Etat ou des services publics. Quelle est la péréquation financière si l’Etat disparaît. Je crois, Dominique [Dupilet] que c’est 68 millions d’euros que le gouvernement, et non pas l’Etat, te doit dans une grande partie pour les RMI. Il faut une décentralisation mais il faut une péréquation financière parce que sinon les plus riches seront les plus riches, alors bravo pour la région parisienne et la région Rhône-Alpes, mais que deviendra le Nord-Pas-de-Calais ou la Normandie ? Il faut que l’Etat soit présent et en même temps que la décentralisation existe.


     Le quatrième enjeu, mes camarades, c’est qu’il faut relancer l’Europe et réorienter l’Europe. On a dit dépasser le oui et le non. Sans doute. Vous savez la position que j’ai prise et que j’assume. Mais en même temps, il faut tenir compte du vote des Français qui ont compris ce qu’ils faisaient même si les motivations étaient multiples. On a parlé tout à l’heure de Stora. Il y a des mesures à prendre en France mais il y a aussi des mesures à prendre en Europe et dans le monde. Parce que tout le monde comprend que si on continue, vis-à-vis des pays en développement, à ne jamais poser la question sociale, à ne jamais poser la question environnementale, à ne jamais poser la question monétaire, non seulement on détruit notre industrie mais on laisse leurs travailleurs dans la situation de misère où ils sont.


     Et c’est la même chose au niveau européen. Il faut davantage aider les pays de la périphérie, il faut en faire plus pour les pays de l’Est mais il faut en même temps que l’Europe soit capable d’avoir une vraie politique industrielle, une vraie politique scientifique, une vraie politique éducative. Qu’elle sache, le cas échéant, se protéger par rapport aux exportations illicites. Bref, il faut une Europe relancée, réorientée. C’est ainsi, aussi, qu’on développera l’emploi, sans nationalisme évidemment, en France, et on a besoin aussi d’industrie, et on a besoin d’aller plus loin dans le refus et le rejet des délocalisations et dans la création d’emplois.


     Je termine en disant un mot, peut-être plus personnel, des sondages. Mais ce « personnel » nous concerne tous. Une chose est certaine, c’est qu’autant les sondages ont une valeur à un instant donné, autant ils n’en ont aucune s’agissant de la prédiction. Il faut que ce soit par la réflexion, par l’intelligence, par la discussion, par le débat maîtrisé, amical, que petit à petit, vous les militants et les militantes, vous vous forgiez vos convictions, et qu’ensuite cette conviction élargie, relayée devienne celle de la gauche puis du peuple de France. Si l’on écoutait les sondages, d’abord les résultats es élections précédentes auraient été différents parfois en notre faveur, et aujourd’hui à quoi serviraient les débats. Oui, mais voila, la réflexion ça existe, le débat ça existe, l’engagement ça existe. J’ai à l’esprit cette phrase de Jaurès dans son extraordinaire discours à la jeunesse, vous savez, le discours sur l’idéal et le réel : « le courage c’est de se donner aux grandes causes, sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni même s’il lui réserve une récompense ».


     Je ne sais pas quelle sera la récompense, et je ne sais pas pour qui, mais je sais que la gauche et la France sont deux causes superbes et que cela vaut qu’on y consacre toute sa vie.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Jeudi 21 septembre 2006

Premier appel de parlementaires socialistes pour l’investiture de Laurent Fabius à l’élection présidentielle

Représentants du peuple, nous partageons et nous exprimons ses souffrances et ses attentes.

Ces souffrances s’appellent précarité, chômage, vie chère, absence de services publics suffisants dans les quartiers ou les campagnes. La politique de la droite accroît les inégalités. C’est pourquoi nous la combattons à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen, et sur le terrain dans les mobilisations sociales.

Les attentes populaires sont tout aussi claires ! Pouvoir d’achat, logement, école, ambition industrielle et scientifique, démocratie nouvelle, Europe qui protège les salariés et qui préserve l’environnement, voilà ce que demandent nos concitoyens.

Une victoire de N. Sarkozy en 2007 produirait une déflagration libérale destructrice.

Seul un succès de la gauche permettra le vrai changement. Pour gagner, il faudra rassembler, ce qui n’est possible que sur des valeurs, des propositions et des alliances clairement de gauche.

C’est l’enjeu de la désignation du candidat socialiste et c’est pourquoi nous nous engageons aux côtés de Laurent Fabius :

- Parce qu’il a tiré pour le futur toutes les leçons de la défaite du 21 avril 2002 et agi pour stopper la déferlante libérale en France et en Europe ;

- Parce qu’il possède l’expérience nationale et internationale sans laquelle on ne conduit pas une grande nation dans un monde instable et menaçant ;

- Parce qu’il a toujours défendu avec courage les valeurs républicaines, et d’abord la laïcité contre le danger communautariste ;

- Parce qu’il n’a cessé depuis 2002 de préparer le rassemblement des forces de gauche, condition de la victoire et du changement ;

- Parce qu’il revendique le projet socialiste auquel il a largement contribué et qu’il enrichit à travers sept engagements précis pour 2007 et pour l’avenir.

Avec Laurent Fabius, nous voulons construire une France forte et solidaire, forte parce que solidaire. Nous appelons les militantes et les militants socialistes à soutenir sa candidature pour rassembler la gauche, battre la droite et réussir ensemble le changement en 2007.

Premiers signataires :

ANDRIEUX Sylvie (D - 13), ANGELS Bernard (S - 95), BACQUET Jean Paul (D - 63), BALLIGAND Jean-Pierre (D - 02), BAPT Gérard (D - 31), BARTOLONE Claude (D - 93), BATEUX Jean-Claude (D - 76), BERES Pervenche (DE), BERGE LAVIGNE Maryse (S - 31), BLISKO Serge (D - 75), BOUCHERON Jean-Michel (D - 35), BROTTES François (D - 38), CARCENAC Thierry (D - 81), CATHALA Laurent (D - 94), CHARASSE Michel (S - 63), CHARZAT Michel (D - 75), CLAEYS Alain (D - 87), COCQUEMPOT Gilles (D - 62), COURTEAU Roland (S – 11), DOLEZ Marc (D - 59), DREYFUS SCHMIDT Michel (S - 90), DUMONT Jean Louis (D - 55), DUPRE Jean Paul (D - 11), DURRIEU Josette (S - 65), DUSSAUT Bernard (S - 33), FERREIRA Anne (DE), FORGUES Pierre (D - 65), FRECON Jean Claude (S - 42), GAUTIER Charles (S -44), GOURIOU Alain (D - 22), HABIB David (D - 64), HUREL Sandrine (S - 76), IMBERT Françoise (D - 31), KHIARI Bariza (S - 75), LACUEY Conchita (D - 33), LAIGNEL André (DE), LAMBERT Jérôme (D - 16), LEFAIT Michel (D – 62), LEROY Jean Claude (D – 62), LIENEMANN Marie-Noëlle (DE), LONCLE François (D - 27), MADRELLE Bernard (D – 33), MADRELLE Philippe (S - 33), MARTIN Philippe (D - 32), MASSION Marc (S - 76), MATHUS Didier (D - 71), MELENCHON Jean-Luc (S - 91), MESQUIDA Kléber (D - 34), MICHEL Jean (D - 63), MICHEL Jean-Pierre (S – 70), MIGAUD Didier (D - 38), NERI Alain (D - 63), PAJON Michel (D - 93), PEREZ Jean Claude (D - 11), QUILES Paul (D - 81), RAOULT Paul (S – 59), ROY Patrick (D - 59), SAUGUES Odile (D - 63), SIGNE René-Pierre (S - 58), TROPEANO Robert (S - 34), VANTOMME André (S - 60), VIDALIES Alain (D - 40), WEBER Henri (DE).

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Lundi 25 septembre 2006

Jacques Généreux publie sur son site politique ainsi que sur celui de son club politique, Renouveau Socialiste Européen, une lettre ouverte adressée à tous les militants du NPS. Nous la reproduisons ici dans son intégralité.

Chers camarades,

Je suis l’un des derniers dirigeants nationaux de NPS à développer publiquement un argumentaire sur la question de l’investiture pour l’élection présidentielle. J’ai pourtant été, au sein de notre direction nationale, le premier à prendre une position explicite et conforme à une ligne politique constante, à savoir : le ou la candidat(e) susceptible de rassembler la gauche, de restaurer la confiance des classes populaires et d’incarner sans complexe un projet « socialiste » devait être un ou une camarade qui, le 29 mai 2005, était en phase avec les deux tiers de l’électorat de gauche pour dire « non » à la constitutionnalisation du néolibéralisme. C’est la position que j’ai assumée et expliquée dans les médias à titre personnel, après le référendum, mais seulement jusqu’au moment où, au début de 2006, nous avons convenu d’une règle de conduite commune en direction nationale : nous étions censés mener ce débat dans le courant et dans le parti, et renoncer à tout ralliement ou appel public en faveur de telle ou telle personnalité, en attendant que le courant débatte d’une éventuelle position commune à son université de rentrée.

Nous n’oublions pas le 29 mai

Dès lors, je n’ai plus donné d’interview ou de tribune à la presse, ni même fait circuler un argumentaire ou un appel « interne » dont chacun sait que la presse en fait état dans la semaine qui suit. Puisque voici venu le temps de notre débat collectif de rentrée, et conformément à la règle commune arrêtée en direction nationale, je porte donc ma contribution au débat. D’autres camarades n’ont pas manifesté la même patience, et l’inévitable battage des médias autour de leurs « appels » publics a pu laisser l’impression qu’il n’y avait que deux options défendues au sein de notre courant (François Hollande ou Ségolène Royal). Impression forcément erronée, puisque la quasi-totalité ne nos militants a voté « non » le 29 mai et que la moitié d’entre eux, au moins, a mené une campagne active pour le « non » socialiste. On ne peut imaginer, sans faire insulte à la conscience politique de tous ces militants, qu’ils ont oublié les questions qui se sont imposées à leur esprit, dès le lendemain de la victoire du « non » de gauche : Comment réconcilier l’électorat de gauche avec le PS dont il venait de rejeter massivement la ligne officielle ? Comment le PS pourrait-il, en 2007, incarner le débouché politique de ce large mouvement populaire de résistance au néolibéralisme ? Pouvait-on sérieusement envisager de présenter un(e) candidat(e) qui aurait manifesté son mépris des partisans du « non » durant la campagne, et son mépris du vote populaire après le résultat du référendum ? Et poser ces questions, c’était alors y répondre.

Pour tous ceux qui n’ont pas oublié ces questions et sont convaincus que la renégociation en cours du TCE pèsera sur le scrutin de 2007, le choix aujourd’hui en débat se ramène pratiquement à une interrogation : comment peut-on ne pas soutenir le seul candidat socialiste qui se soit engagé contre ce traité ? Au nom de tous les camarades qui se posent cette question, je demande qu’elle soit entendue et respectée dans notre débat.

Ma position est discutable, comme toutes les autres, et je la soumets au débat avec d’autant plus de sérénité que je ne mène pas ici campagne pour déterminer une position majoritaire du courant, mais seulement pour contribuer au choix qu’en conscience chaque militant devra faire en novembre. Car, sur ce point aussi, ma position solitaire et précoce n’a pas varié. Dès l’instant où nous avons débattu de notre règle commune pour aborder ce débat, j’ai soutenu l’idée que, si nous ne présentions pas un candidat issu de NPS, notre courant n’avait pas vocation à se ranger d’un seul bloc derrière une personnalité quelconque, et ce pour deux raisons.

NPS n’est pas une écurie présidentielle

En premier lieu, nous aspirons à une réforme des institutions et des pratiques, qui recentre la vie politique sur la détermination d’une majorité parlementaire à l’issue d’un débat de fond sur les programmes politiques et nous libère du « présidentialisme ». À court terme, dans un jeu politique dominé par l’obsession présidentielle, le fait de n’avoir pas de candidat est certes une faiblesse. À long terme, et dans le combat pour une VIe République, le fait de constituer un courant dont l’homogénéité et la force politique ne dépendent pas de la victoire de telle ou telle personnalité est un atout majeur. NPS a donc mieux à faire que de se transformer, ne serait-ce que durant quelques mois, en écurie (ou sous-écurie) présidentielle. La fonction de NPS est de peser sur le sens politique qui sera donné à la campagne électorale, sur les développements qui devront préciser le projet socialiste, et, au-delà du scrutin, sur la mise en œuvre effective du projet en cas de victoire, ou sur la reconstruction du parti en cas de défaite. Quels que soient le ou la candidate et le gouvernement formé après les élections, la mission politique de NPS reste la même : ancrer le parti sur la ligne d’une opposition frontale au néolibéralisme, d’une rénovation ambitieuse de notre démocratie et d’une refondation radicale du projet européen.

NPS doit-il survivre ? Telle est la question

En second lieu, imposer le fait majoritaire par un vote désignant une personnalité étrangère à notre courant nous conduirait à l’explosion. Or, la mission politique de NPS commande de faire passer la préservation du courant avant nos divergences sur l’investiture pour la présidentielle. Je répète l’enjeu : la persistance d’un courant fort et soudé susceptible d’empêcher la dérive centriste qui s’est emparée de la social-démocratie européenne et l’a enlisée dans l’impuissance et l’échec électoral. Ou bien NPS endosse bien cette mission et doit alors tout mettre en œuvre pour exister encore au-delà de l’élection présidentielle ; ou bien NPS n’est qu’un outil ordinaire de la compétition interne au parti, et alors, il n’a aucune raison de survivre à nos divergences sur le choix d’un(e) candidat(e).

En effet, en annonçant dans un premier temps que nous prendrions une décision collective unique sur cette question, nous avons lancé la mécanique inéluctable de la division, les uns et les autres étant nécessairement conduits, à un moment ou à un autre, à créer un rapport de force interne favorable à leur option. Et c’est bien ce qui s’est produit. Dès lors que certains de nos camarades et dirigeants ont lancé des appels publics et déjà amorcé une campagne en faveur d’une personnalité, ils ont manifesté une conviction forte et pris un engagement public désormais irréversible et indépendant d’une éventuelle future position commune du courant. Dans ces conditions, un vote sur cette question serait le dernier acte politique de NPS, mesurant seulement les éclats engendrés par son explosion.

En début d’année, la direction nationale ne m’a pas suivi sur cette analyse, au nom de ce qui semblait alors à tous une évidence : un courant ne peut pas ne pas avoir une position claire quand les militants sont appelés à voter ; et de plus, l’engagement des militants NPS dans une campagne interne sur des positions différentes peut nous affaiblir.

Ces objections sont pertinentes, mais elles n’éclairent pas notre choix, maintenant que nous sommes dans la situation que j’avais redoutée : de toute façon, nous n’aurons pas une position commune ; voter sur des noms, quand une minorité interne au courant est déjà publiquement engagée derrière Ségolène Royal, servirait seulement à mesurer l’ampleur réelle de ce mouvement et à détruire le courant. Si nous voulons préserver le courant et manifester que sa mission persiste, au-delà d’une divergence sur une question de personne, il nous faut renoncer au processus d’exclusion de telle ou telle option, et tolérer que des individus soutiennent le candidat de leur choix, à titre personnel. À condition toutefois que cela ne les conduise pas à soutenir des positions manifestement contradictoires avec les convictions fondatrices de notre courant.

Certes, une pluralité de positions, durant les quelques semaines de la campagne interne, ne renforce pas le courant ; mais elle ne l’affaiblira jamais autant que son explosion ! La seule position commune possible pour NPS consiste à assumer la non-désignation d’un candidat comme une position politique que j’ai justifiée plus haut. NPS est le garant de l’ancrage idéologique de notre parti dans le combat contre le néolibéralisme, et cette mission première peut bien s’accommoder d’une pluralité d’options sur la personnalité la plus à même de conduire la gauche à la victoire en 2007. Puisque désormais tout le monde rejoint cette analyse et privilégie la survie de notre courant, disons-le tout net : NPS n’a définitivement pas de candidat ; chaque militant devra désigner le sien en conscience.

Une fois libéré de l’option mortifère d’un vote sur des noms, NPS peut mener sereinement le débat de fond sur les candidat(e)s et éclairer ainsi le choix de chaque militant. Mais, soyons clair : l’absence de position officielle du courant sur le ou la candidat(e) ne saurait être l’expression d’une position implicite quelconque. Elle va de pair avec une position explicite sur la façon d’aborder la campagne et une condamnation explicite de toutes les déclarations qui divisent la gauche, contredisent le projet socialiste et estompent notre opposition radicale au discours de la droite. Elle crée le contexte favorable à la conduite d’un débat sans fard sur le fond politique de l’affaire.

Les conditions de la victoire en 2007

Le fond de l’affaire consiste à identifier les conditions de la victoire d’un projet de gauche en 2007. La question est de savoir qui, parmi les personnalités candidates à l’investiture, peut incarner le projet socialiste et éviter les erreurs de la campagne de 2002.

Certains croient que le rejet de la droite et le souci du changement sont tels que n’importe quel candidat(e) de gauche peut l’emporter au second tour. En réalité, les facteurs de la défaite d’avril 2002 sont toujours aussi actifs. L’électorat populaire n’est disposé à voter socialiste (cf. régionales et européennes) que sur une ligne d’affrontement avec la droite néolibérale. Mais il rejette massivement la position du PS, dès que le parti s’écarte de cette ligne et manifeste la moindre convergence avec la droite (29 mai 2005). La sociologie imaginaire qui avait conduit Lionel Jospin à tenir un discours de séduction des « classes moyennes » et à soutenir des positions ambiguës (fiscalité, retraites, services publics, « projet pas socialiste » !) a été invalidée et lourdement sanctionnée par le vote du 21 avril 2002. Elle l’a été une fois encore le 29 mai 2005. Tel est (faut-il le rappeler ?) le diagnostic de NPS.

Pour être au second tour, en l’absence de candidature unitaire à gauche, il faudra mobiliser la totalité de l’électorat socialiste et cela n’est possible qu’en tournant le dos à la stratégie suicidaire de 2002. Et ce, d’autant plus que Lionel Jospin avait un avantage de plus et un handicap de moins, par rapport au candidat socialiste de 2007 : il pouvait invoquer le bon bilan économique et social de son gouvernement ; le PS n’avait pas pris, sur un traité européen, une position contraire à l’aspiration des deux tiers des sympathisants de gauche.

Une fois passé le premier tour, pas une seule voix de gauche ne devra manquer au candidat socialiste. Et, là encore, deux options se présenteront : faut-il rassembler l’électorat de gauche, ou bien séduire d’hypothétiques électeurs centristes en faisant droit aux thèmes de campagne de la droite ? Seule une gauche assumée et revendiquée peut gagner. Car elle seule peut à la fois remobiliser les classes populaires et séduire la part des classes supérieures qui aspire à une société de solidarité et de paix sociale. N’oublions pas qu’en avril 2002, le vote des cadres supérieurs pour le PS s’est effondré aussi fortement que le vote ouvrier ! En faisant une part quelconque au discours néolibéral ou néo-conservateur, un candidat socialiste ne prend aucune voix à la droite : il perd des voix dans toutes les catégories sociales. Tel est encore le diagnostic de notre courant, affirmé lors du congrès de Dijon et réaffirmé dans toutes les batailles internes.

Et c’est, au fond, ce même diagnostic qui nous a confortés dans notre rejet du TCE, conscients que le temps n’était plus au compromis avec, mais au combat frontal contre les néolibéraux. Nous avons prévenu nos camarades qu’il serait impossible de distinguer le « oui » socialiste du « oui » des néolibéraux, et que le PS risquait sur ce référendum un divorce complet avec son électorat, comme avec les autres forces de gauche. Nous avions raison et il faut maintenant reconstruire la crédibilité du PS à gauche. Cette question restera au cœur de la campagne de 2007, car c’est sous présidence française (en 2008) que s’achèvera la renégociation du TCE. L’électorat de gauche préférerait assurément qu’à cette occasion le chef de l’État soit clairement opposé au traité initial.

La spécificité de nos diagnostics et de notre ligne politique au sein du parti ne s’est pas dissoute dans la synthèse du Mans. Nous avons fait le choix responsable du rassemblement des socialistes avant la bataille de 2007. Mais nous l’avons fait aussi dans le but de peser sur le « projet », en sorte que le parti aborde cette bataille en évitant les erreurs de 2002 et reconquière une crédibilité émoussée par sa position incomprise sur le TCE. Nous avons jusqu’ici atteint ce but. Le respect du nouveau projet socialiste, qui porte largement notre marque, constitue donc aussi une condition de la victoire en 2007.

Comment évaluer les candidatures ?

Notre analyse des conditions de la victoire doit commander notre réflexion sur les critères de désignation d’un(e) camarade pour 2007. Au vu de cette analyse, il convient de se poser les questions suivantes :

Qui évitera de répéter les erreurs de diagnostic de 2002 ?

Qui est le plus en phase avec le mouvement social anti-néolibéral qui s’est manifesté le 29 mai 2005 ?

Qui a banni de son « logiciel » la sociologie imaginaire qui tire le discours politique vers un centre inexistant ?

Qui s’écarte le plus résolument d’une stratégie de « triangulation » consistant à mordre sur l’électorat de la droite en reprenant certains de ses thèmes de campagne ?

Qui peut faire le plein des voix des sympathisants socialistes au premier tour ?

Qui peut rassembler le PS et le PC sur un combat commun au second tour, et s’assurer aussi le soutien de tous les réseaux militants de la gauche ?

Qui a la crédibilité pour promettre aux Français qu’il ne signera pas un nouveau TCE à peine amendé et ne tournant pas le dos à l’Europe espace de libre concurrence déloyale ?

Qui manifeste le plus de respect pour le projet socialiste et ne remet pas en cause les avancées obtenues par NPS (sur la fiscalité, la RTT, les retraites, l’Europe, etc.) ?

Les postulant(e)s à l’investiture ont d’ores et déjà apporté des éléments de réponse à ces questions par les positions qu’ils ont prises publiquement.

Ségolène Royal a multiplié les déclarations visant à occuper le terrain électoral de la droite (sur la sécurité, l’école, l’encadrement de la jeunesse, « l’éducation » des parents, etc.), n’hésitant pas au passage à dire le contraire de ce qui constitue le projet commun du parti socialiste et à indisposer sérieusement nos partenaires communistes. Elle manifeste ainsi sa conviction que la victoire dépend moins du rassemblement de la gauche, sur les exigences spécifiques de la gauche, que de la séduction d’un électorat indécis. Ce faisant, elle divise la gauche et nous expose à l’émergence d’un « non de gauche » au vote socialiste, au second tour.

En refusant le débat avec les jeunes socialistes et en gardant sa liberté à l’égard du « projet », elle indique une conception du combat politique conforme à la logique présidentialiste de la Ve République : une personnalité doit s’imposer par sa relation directe et personnelle avec le peuple, au-delà des partis. Elle compte donc justifier sa candidature par un mouvement d’opinion favorable à sa personne (assimilé à la cote dans les sondages), et non par sa capacité à transformer l’opinion pour la faire adhérer au programme des socialistes. Enfin, Ségolène Royal n’a pas été la plus tendre et la plus compréhensive à l’égard de la forte majorité d’électeurs de gauche partisans du « non » au TCE, au point d’envisager, comme issue à la crise européenne, un nouveau vote par le Parlement.

Force est de reconnaître que ces positions et cette façon d’aborder la campagne sont à l’opposé des convictions qui fondent notre courant. Il me semble ainsi que la candidature de Ségolène Royal ne peut constituer la réponse à aucune des questions que j’ai posées ci-dessus.

Comment ne pas soutenir la candidature de Laurent Fabius ?

Faut-il rappeler que je ne suis pas « fabiusien » et que, bien avant 2002 et donc avant le congrès de Dijon, je suis de ceux qui ont dénoncé dans la presse la dérive centriste de certaines politiques économiques engagées sous la responsabilité de Dominique Strauss Kahn puis de Laurent Fabius (notamment en matière de fiscalité). Mon analyse politique n’a pas changé et fut hélas confortée par le double effondrement du parti dans les classes populaires en 2002 et en 2005.

En revanche, Laurent Fabius a opéré une inflexion réelle dans son combat politique. Il est le seul dirigeant de l’ancienne majorité qui ait tiré, comme leçon du 21 avril 2002, la nécessité d’un repositionnement du PS et d’un rassemblement prioritaire de la gauche sur une ligne d’opposition frontale au modèle de la droite. Il est aussi, accessoirement, au sein de cette majorité, le premier à avoir replacé le développement durable et une écologie sociale au cœur du projet socialiste. Faut-il indéfiniment le suspecter au nom de politiques anciennes avec lesquelles il est le seul à avoir marqué sa distance ?

Tous les ministres du gouvernement Jospin sont solidairement responsables des éventuelles erreurs que nous avons combattues. Il est dès lors bien étrange d’entendre certains en faire aujourd’hui grief au seul Laurent Fabius. Tous les candidats aujourd’hui déclarés sont responsables des allègements fiscaux sur les hauts revenus et les stock-options ou des privatisations. La question est de savoir qui aujourd’hui reconnaît la nécessité de prendre un autre cap ? Qui s’engage publiquement pour remettre en cause le régime des stock options ou pour éviter une privatisation irréversible de GDF ? C’est Laurent Fabius. L’ancienne majorité est aussi solidairement responsable du brouillage de l’identité socialiste aux yeux des classes populaires. La question est de savoir qui, en son sein, et parmi les candidats déclarés, a évité la confusion entre le projet européen de la droite et celui de la gauche ? Encore Laurent Fabius qui, comme Henri Emmanuelli, a assumé la délicate responsabilité historique de manifester une position contraire à celle du parti. C’est à ces positions courageuses que nous devons aujourd’hui l’espoir persistant, dans l’électorat de gauche, que l’on peut éventuellement compter sur des socialistes pour s’opposer sans concessions au modèle néolibéral.

Au cours de la campagne nationale que j’ai menée pour le « non socialiste » dans des dizaines de villes, j’ai mesuré la reconnaissance du peuple et des militants de gauche pour la manifestation de cette autre voix (autre voie) socialiste. Mais j’ai enregistré partout la même promesse que ce mouvement de résistance populaire n’apporterait pas son soutien à un candidat socialiste qui aurait fait campagne pour le « oui ».

Certes, une forte minorité d’électeurs socialistes a voté « oui » au référendum et il s’agit aussi de mobiliser leur soutien. Mais leur soutien ne fera pas défaut à un partisan du « non » qui se bat pour un projet européen commun à tous les socialistes. En revanche, l’investissement personnel intense qu’a constitué la conversion au « non », pour des électeurs et des militants traditionnellement favorables aux traités européens, ajouté au mépris public pour leur position, a nourri chez ceux-ci le sentiment d’une victoire inespérée contre le néolibéralisme dominant.

Croire qu’aujourd’hui, pour eux, c’est déjà une histoire ancienne qui ne pèsera en rien sur leur choix en 2007 est une dangereuse illusion. Nombre d’entre eux prendront pour un pur mépris du vote populaire, un déni de leur incontestable victoire, la candidature d’un(e) socialiste, qui se serait distingué(e) par une admiration sans borne pour le TCE et des propos affligeants sur les « nonistes ». Et, là encore, seule la candidature de Laurent Fabius peut manifester la volonté claire des socialistes de donner à la victoire du « non » un débouché politique. Pour cette même raison, seule cette candidature permet d’espérer, au second tour, le report de toutes les voix de gauche sur le candidat socialiste. Soyons francs : même ainsi, le rassemblement de toute la gauche sur notre candidat n’a rien d’assuré. Mais un tel rassemblement me semble tout à fait impossible avec un(e) candidat(e) qui n’a dissimulé ni sa pleine adhésion au TCE, ni son mépris pour la « bêtise » des partisans du « non ».

Enfin, en ce qui concerne le respect du projet, Laurent Fabius a été on ne peut plus clair quand il a présenté ses sept engagements pour 2007 (sur le logement, le Smic, les stock-options, etc.) : nous avons un projet qui constitue la colonne vertébrale de la campagne et des engagements concrets à préciser quand ils ne le sont pas encore dans le projet. Par exemple, dire dans le projet que l’obligation de construction de logements sociaux doit être respectée par les communes, c’est bien ; préciser que l’État passera outre la volonté des communes qui s’accommodent aujourd’hui d’une sanction financière, c’est mieux. Qui reprochera à un candidat de donner aux orientations générales du projet plus de force et de crédibilité en les transcrivant en engagements précis et contrôlables ? Certains ironisent sur la nature « électoraliste » de telles promesses (celle sur le Smic, notamment). Mais je ne conçois pas que la campagne consiste à ne faire aucune promesse ; c’est avec des promesses que la gauche a accédé au pouvoir et c’est en les tenant qu’elle peut s’y maintenir. Il nous faut juste ne pas nous tromper de slogans : je préfère « 100 euros de plus pour le Smic » à l’« encadrement militaire des jeunes ».

Avons-nous une autre option ?

À la question « comment ne pas soutenir la candidature Fabius ? », j’entends, dans notre courant, seulement deux autres réponses que la mienne.

Certains considèrent que, à la suite de la synthèse du Mans, et conformément à notre conception de la démocratie parlementaire, il conviendrait de soutenir une candidature de notre premier secrétaire. Nous contestons en effet un régime dans lequel la relation individuelle entre un candidat et la nation tend à occulter le rôle des partis dans la conception de programmes de gouvernement soumis au choix souverain des électeurs. Dans la démocratie parlementaire à laquelle nous aspirons, la majorité et l’opposition proposent comme chef du gouvernement, le premier responsable du parti ou du principal parti qui les constitue. C’est là une position de principe sensée et conforme à l’idée que je me fais d’une VIe République. Elle soulève néanmoins deux difficultés.

En premier lieu, nous avons nous-mêmes renoncé à faire du premier secrétaire du parti le candidat naturel en dissociant complètement sa désignation de cet enjeu électoral. À aucun moment il n’a été entendu que l’enjeu du Congrès et de la désignation d’un premier secrétaire était, dans le même temps, l’investiture de celui qui conduirait la bataille de la présidentielle. Tous les courants, et le premier intéressé lui-même, ont au contraire insisté sur le fait qu’il ne fallait pas confondre le Congrès du parti et l’investiture pour la présidentielle. Le problème est ici que précisément, dans une démocratie parlementaire, telle que nous la souhaitons, la confusion entre le choix d’un chef de l’exécutif et celui d’un programme politique est nécessaire et participe à l’essence même du régime. Il serait bon de s’en souvenir à l’avenir. Mais pour l’heure, le parti a décidé que la désignation du candidat pour 2007 ferait l’objet d’une campagne spécifique. Dès lors, toutes les candidatures sont légitimes.

En second lieu, le premier secrétaire n’est pas candidat. Dès lors, dans la mesure où je n’ai pas connaissance d’autres options soutenues dans notre courant, le choix politique concret qui se présente à chaque militant de NPS est une alternative Ségolène Royal/Laurent Fabius. C’est donc ce choix que notre débat a vocation à éclairer. J’ai donné mes principales raisons de voter pour Laurent Fabius et mes réponses aux objections dont j’ai connaissance. J’attends l’exposé des bonnes raisons politiques que nous aurions de voter pour une candidate qui prend des positions contraires au « projet », qui divise la gauche et exploite toujours plus la stratégie électorale de rassemblement au centre qui nous a conduit à la catastrophe du 21 avril 2002. Je n’ai à ce jour entendu qu’un seul argument véritable en sa faveur : sa popularité persistante dans les sondages d’opinion.

Cet argument n’a sur moi aucune prise, car il est inconciliable avec ma conception de l’action politique. En ce qui me concerne je ne soutiens jamais un candidat ou une position politique parce qu’ils ont des chances, voire le plus de chances de gagner, mais parce que je veux qu’ils gagnent et que je mène la bataille politique nécessaire à leur victoire. N’inversons jamais la fin et les moyens. Pourquoi nous battons nous ? Pour être dans le camp des vainqueurs ? Ou pour faire gagner notre camp ?

Pour ceux qui seraient néanmoins sensibles aux sondages d’opinion, je rappelle que l’expérience comme la science politique nous enseignent qu’à partir de deux mois et au-delà d’une élection, les sondages ne nous apprennent strictement rien sur le résultat probable. Durant l’automne 2004, combien de camarades ont dit « oui » au référendum interne, parce qu’alors les deux tiers des Français disaient « oui » dans les sondages ? Des hommes et des femmes de gauche indifférents à l’écume médiatique et confiants dans le pouvoir du combat politique se sont alors mis en campagne et, six mois plus tard, les deux tiers des électeurs de gauche et 55 % des Français votaient « non ». Nous sommes aujourd’hui dans le même décalage trompeur entre l’humeur instantanée de sondés qui ne sont pas face à leur bulletin de vote et à la fin de la campagne électorale. À la fin, il se produira la même chose qu’en mai 2005. Quand Sarkozy aura eu des dizaines d’occasions de souligner les points sur lesquels il est d’accord avec Ségolène Royal, quand tous les réseaux militants de la gauche non socialiste auront fait implicitement ou explicitement campagne contre une candidate à leurs yeux inacceptable, des centaines de milliers de nos électeurs potentiels diront « non » à un PS inconsistant et illisible face à une droite consistante et limpide.

Camarades, on vous avait déjà mis en garde en 2002, puis en 2005, et l’histoire nous a donné raison. Combien de désastres seront encore nécessaires pour vous rendre à l’évidence que les mêmes stratégies erronées conduisent aux mêmes échecs ? Notre seule chance de faire gagner le projet socialiste est de susciter, à partir de la fin novembre, le même enthousiasme militant, la même volonté d’en découdre avec le néolibéralisme qui a saisi le peuple de gauche durant la campagne sur le référendum européen, a saturé les courriers électroniques et battu le pouvoir des médias. Ce peuple en sommeil attend un signe fort des socialistes pour se remettre en mouvement. Au moment même où il n’espère plus que nous aurons la lucidité de choisir un candidat qui s’engagea à ses côtés en 2005, surprenons-le. Disons-lui, en novembre que c’est maintenant que s’accomplit la promesse du 29 mai, et alors rien ne pourra l’arrêter.

Jacques Généreux
Université NPS de Saint-Nazaire, 22-24 septembre 2006

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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Lundi 2 octobre 2006
J’ai décidé, si les militantes et les militants socialistes le veulent, d’être candidat à la Présidence de la République.
 
J’ai pris cette décision parce que la France a besoin de changement. Parce que le changement ne peut venir que de la gauche, de la gauche rassemblée autour d’un projet novateur.
 
Le projet socialiste que je porterai comprendra d’abord l’amélioration du pouvoir d’achat, en particulier par l’augmentation du Smic, des salaires et des retraites. J’engagerai un effort massif pour l’emploi – qui implique des entreprises dynamiques - ; un effort pour l’éducation, la formation et la recherche ; un effort pour le logement et la santé. Avec le nouveau gouvernement qui sera constitué et qui sera composé à égalité de femmes et d’hommes, j’avancerai vers une République parlementaire nouvelle, organisant une vraie responsabilité politique, défendant les services publics et tenant bon sur le terrain de la laïcité. Enfin je me mobiliserai pour relancer et réorienter la construction européenne sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan écologique face à la mondialisation et en respectant, bien sûr, les résultats du dernier référendum.

Dans ce monde nouveau et rude, la tâche ne sera pas facile. Mais j’ai confiance. J’ai confiance parce que la France, ce pays magnifique et que j’aime, porte en elle des ressources puissantes. J’ai confiance parce que je me suis préparé pour cette tâche. J’ai confiance parce que je sais que la majorité des Français, en particulier les jeunes, ne veulent pas d’une société brutale et précaire que leur prépare Monsieur Sarkozy, mais qu’ils veulent comme nous une France forte, une France juste, une France sûre, une France solidaire : une France forte parce que solidaire. Voilà pourquoi je suis candidat à la Présidence de la République : pour changer et pour gagner. Vive la République et Vive la France !
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS
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