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Les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS

À tous les socialistes qui relèveront l’espérance, il faut y croire, il faut le vouloir, il faut laisser sur le bord de la route les sceptiques et les fatigués et repartir à l’assaut de la majorité
                                                                                                                                        François MITTERRAND

Cher(e) Camarade,

Nous avons ratifié notre projet. Nous devons maintenant passer à l’étape suivante, désigner notre représentant, celui qui le portera devant nos concitoyen(ne)s, qui l’enrichira sans s’en éloigner comme commencent déjà à le faire certains candidats à la candidature.

L’enjeu n’est pas seulement l’élection présidentielle. Si le P.S. l’emporte mais pratique ensuite une politique blairiste d’accompagnement du capitalisme, la Gauche sera durablement affaiblie, y compris pour les échéances municipales suivantes.

On ne gagne pas dans la confusion. Notre projet, largement inspiré par la motion présentée par Laurent FABIUS (sur les questions salariales, de logement,…) lors de notre dernier congrès, doit marquer une ligne politique clairement de Gauche, une ligne de changement, qui doit nous permettre de réussir ensemble, ensemble les socialistes, ensemble la Gauche, ensemble avec et pour les Français.

Parce que Laurent FABIUS défend depuis longtemps cette ligne de rassemblement de la Gauche;

Parce qu’il a la volonté de mener une politique de changement clair vis-à-vis la politique que nous impose la Droite; parce qu’il ne veut pas de dilution de la Gauche dans un positionnement social-libéral;

Parce qu’il veut mener ce changement pour les Françaises et les Français, par des mesures qui répondent à leurs aspirations en matière de pouvoir d’achat, de logement, de défense des services publics, de renforcement de l’éducation nationale, de lutte contre toutes les discriminations,…

Parce que face aux désordres de la mondialisation libérale, Laurent FABIUS veut mettre la solidarité, l’intervention publique et le volontarisme au coeur d’un contrat des socialistes avec nos concitoyens;

Pour que chacun, avec ses spécificités, se sente à l’aise dans la République et puisse pleinement y réussir, parce que plus la Nation est diverse, plus la laïcité et la République nous soudent et nous rassemblent;

Parce que pour continuer l’Europe il faut un nouveau processus institutionnel qui refusera sa dilution dans l’Europe libérale et sera centré sur les institutions et les valeurs humanistes de l’Union;

Parce qu’il a l’envergure d’un homme d’État, pour que la France retrouve son poids politique international et soit de nouveau porteuse pour d’autres peuples dans le monde et d’abord pour les plus pauvres de réponses, de valeurs et d’espoirs;

Parce que l’alternance de 2007 doit être pour nos concitoyens une alternative à la politique libérale actuelle,

Nous avons choisi de soutenir la candidature de Laurent FABIUS lors de la désignation interne de notre candidat.

Nous t’appelons pour toutes ces raisons à le faire également et à nous rejoindre dans ce combat, pour réussir ensemble le changement.

(pour signer le comité de soutien: laurent.fabius.69@gmail.com ou "Les socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS", 3 rue Émile Zola, 69120 Vaulx-en-Velin)
Lundi 6 novembre 2006

Interviewé par le mensuel Parti Pris, Emmanuel Todd livre son analyse des enjeux de la prochaine élection présidentielle. Extraits.

Pour télécharger l'intégralité de l'interview au format PDF (29 ko), cliquer ici.

Parti Pris - Le décrochage des élites et des masses populaires que vous dénonciez en 1995 s'est-il aggravé ?

Emmanuel Todd - Non seulement la dissidence des milieux populaires s'est renforcée mais les classes moyennes les ont aussi rejoints dans le non au référendum sur le TCE. Les causes et les conséquences de l'extension de la dissidence aux classes moyennes, qu'il faudrait définir, mériteraient une analyse économique sérieuse. Ce qui semble sûr c'est la récurrence au moment du référendum des questions liées à la mondialisation et au libre-échange. La stagnation des salaires dans les catégories intermédiaires et l'emballement des prix de l'immobilier, forme d'inflation déguisée dans un système réputé de stabilité des prix, ont sans aucun doute joué. Ces facteurs économiques directs, ont aussi rendu obsolète le discours optimiste sur la globalisation et sur l'ajustement notamment face au décollage de la Chine qui ouvre une ère économique nouvelle.

Parti Pris - Que pensez-vous de la situation actuelle ?

Emmanuel Todd - Ce qui est troublant dans la situation actuelle c'est qu'on assiste à une montée de révolte, de colère sans que cela occasionne un début de réflexion chez les classes dirigeantes. Le discours libéral n'a pas fléchi. Au contraire, on voit plutôt un phénomène de raidissement et d'exaspération, parfois proche de l'hystérie dans les classes dominantes. Cet autisme des classes supérieures se renforce en parallèle du processus d'extension de révolte. On pourrait être dans une sorte d'année zéro avec un renforcement très préoccupant de forces antagonistes. Cette situation est dangereuse.

[…]

Parti Pris - N'assiste-t-on pas justement à un affaiblissement du discours sur l'égalité ?

Emmanuel Todd - Il y a le discours de Fabius sur le smic quand même ! Pour moi, si la montée d'un mouvement égalitaire au XXe siècle est liée au développement de l'alphabétisation de masse, le développement des études supérieures a conduit au développement d'un substrat social inégalitaire. La réalité des forces profondes en France serait cette tension entre la montée d'un subconscient social inégalitaire et la résistance d'un inconscient égalitaire. Dans chacun des actes de révolte des milieux populaires ou des classe moyennes, on sent la coexistence des deux. Dans le vote FN, on peut ainsi voir une dimension égalitaire, « merde aux élites » et la recherche d'un bouc émissaire inférieur. On trouve inextricablement liées, les valeurs d'aspiration à l'égalité et à l'inégalité.

Parti Pris - L'un des enjeux à gauche serait donc de surmonter le défi de l'égalité…

Emmanuel Todd - L'urgence c'est de faire en sorte que les inégalités économiques montantes ne mettent pas en péril l'égalité civique, le suffrage universel. La réalité de la gauche aujourd'hui, c'est qu'elle est en situation défensive. C'est évident à l'échelle mondiale. Le pays le plus puissant, les Etats-Unis, s'est abandonné à l'inégalité. En France on sent comme un basculement. Il est vrai qu'il existe aussi un fonds anthropologique français spécifique des valeurs familiales, qui refuse les inégalités et reste attaché à l'égalité. Nous sommes actuellement dans une tension entre ces deux tendances, dans une phase d'hésitation où deux scénarios sont possibles. L'un soft repart vers l'égalité. L'autre, hard, tend vers une liquidation de la démocratie. Il n'y a pas de bon équilibre. Ce qui est sûr, c'est que si le PS n'est pas capable de désigner quelqu'un qui s'ancre à gauche et défend des valeurs de gauche égalitaires, on est sûr de la catastrophe.

Parti Pris - Que pensez-vous du positionnement actuel des deux grands partis que sont le PS et l'UMP ?

Emmanuel Todd - On est dans un contexte où les deux grands partis se sont déconnectés des aspirations réelles de la société. Le processus de désignation des candidats se fait par les sondages, par des groupies avant même que l'opinion ne se forme. Si ces candidats ne proposent rien qui correspond aux attentes des français, il y a le risque d'un vide tellement manifeste que d'autres candidats pourraient émerger indépendamment des désignations par les appareils des partis.

Pour télécharger l'intégralité de l'interview au format PDF (29 ko), cliquer ici.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Vu dans la Presse
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Mardi 31 octobre 2006
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Vidéo
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Mardi 31 octobre 2006

Président de RM Isère, Emmanuel Chaumery a choisi de voter pour Laurent Fabius.

Deux évènements majeurs ont marqué ces dernières années : le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005. Mais ces deux évènements ont un point commun : la mondialisation du Parti Socialiste. Le 21 avril 2002, l’électorat du PS s’est rabattu sur des candidats plus à gauche car il ne se retrouvait pas dans une candidature « social démocrate » qui dérivait de plus en plus dans l’acceptation de l’économie ultralibérale. Le 29 mai 2005, pour les mêmes raisons, la gauche a gagné en refusant les nouvelles règles de l’économie mondiale appliquée à l’Europe mais le PS a encore perdu car notre parti n’a pas su retrouver ses fondements sociaux.

Mon besoin d’ancrage à gauche et de renouvellement s’est naturellement concrétisé lors de mon engagement dans Rénover, Maintenant. J’avais besoin de retrouver mes racines socialistes dans un mouvement qui avait pour ambition de modifier profondément nos institutions. Aujourd’hui, je ne crois pas que l’engagement d’Arnaud Montebourg soit le meilleur pour réaliser les idéaux de RM. C’est donc de façon personnelle et individuelle que j’ai choisi de soutenir la candidature de Laurent Fabius car il est le seul qui apporte des réponses à certaines questions primordiales de RM, notamment :

- Mouvement vers une 6ème République par la création d’une assemblée constituante dans les plus brefs délais pour équilibrer les pouvoirs.

- Résolution des problèmes sociaux par le fond et non par la répression. Il faut redonner du pouvoir d’achat aux français pour leur donner de l’espoir et non leur supprimer les allocations ou les militariser pour réprimer leur besoin de révolte.

- Renationalisation d’EDF et de GDF, le financement en étant assuré par un moyen fort peu original puisque tous les fonds de pension utilisent le même : EDF finance son rachat par ses résultats.

Seul Laurent Fabius propose ces solutions concrètes. Seul Laurent Fabius propose un véritable retour au Socialisme tel que l’ont défini et validé Jaurès ou Blum.

Voilà les raisons de mon engagement avec Laurent Fabius.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Parti Socialiste
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Mardi 31 octobre 2006
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Parti Socialiste
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Jeudi 26 octobre 2006

Président de l'Union Nationale des étudiants de France (UNF) de 2001 à 2005, Yassir Fichtali milite aujourd’hui au sein de NPS.

Pourquoi as-tu décidé de soutenir Laurent Fabius ?

J'ai toujours été réticent aux écuries présidentielles car j'ai toujours considéré que ce qui est déterminant c'est le contenu, le projet porté : je ne crois pas en l'homme providentiel.

Mais l'heure des choix est arrivée : toute politique s'incarne et, à cette étape, celui qui me semble le plus en adéquation avec le projet voté par les socialistes et les aspirations des Français est Laurent Fabius. Je crois qu'il a suffisamment d'amarres larguées dans le réel pour ne pas dériver à la première vague. Cela me parait tout à fait important.

Peux-tu nous dire quelque mot de ta première rencontre avec Laurent Fabius?

Ce n'est pas tant la première rencontre qui m'a marqué mais la constance des relations qu'il a entretenues. Il n’a jamais été question pour lui d'en tirer un quelconque profit médiatique ou de faire un "coup". Il voulait simplement comprendre, s'informer. Pour un responsable syndical, cela est appréciable. La confiance se construit et, même si nous n'avons pas toujours été d'accord, elle s'est construite.

La situation particulièrement catastrophique des étudiants et plus largement des jeunes a-t-il guidé ton choix ?

Une chose est sûre : les aspirations des jeunes diversement exprimées depuis 2002 (des manifs anti Le Pen à la mobilisation contre le CPE) méritent une réponse. La précarité des jeunes est massive, elle est un problème pour toute la société. Je constate que Laurent Fabius est le seul candidat à mettre en avant l’idée d’une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation, qui figure pourtant dans le projet socialiste. Un an après les émeutes dans les banlieues et six mois après le CPE, je suis frappé par la faible place des problèmes des jeunes dans l’expression des autres candidats.

Par ailleurs, je ne peux qu'être en accord avec ses déclarations sur l'éducation, son refus de la régionalisation et les limites de l'autonomie des établissements. J'entends dire par certains candidats que l'autonomie, c'est la liberté. Mais la liberté, ce n'est pas faire ce que l'on veut, c'est faire ce que l'on veut dans le cadre de ce qui nous protège collectivement. Et encore une fois le seul qui parle de ces garanties nationales est Laurent Fabius.

Crois-tu que choisir un candidat ayant voté "non" soit le meilleur moyen de rassembler les socialistes et la gauche ?

Si je considère que Laurent Fabius a eu du courage (comme d'autres d'ailleurs) lors de sa prise de position contre le TCE, je considère que perpétuer ce clivage oui / non, c'est nier le fait désormais le vote des Français s'impose désormais à tous et au premier chef au Parti Socialiste. L’expérience nous enseigne qu’il sera difficile de transformer les choses en France sans faire bouger les lignes en Europe en tenant compte du vote du 29 Mai 2005. Et c'est avec un grand plaisir que je savoure les déclarations de l'ensemble des candidats sur cet aspect. Le Parti est partiellement revenu à la raison. Partiellement, car on retrouve malheureusement dans nos débats actuels des traits communs aux débats qui nous ont animés lors du référendum. Même soumission à la bulle médiatique, même inertie de l'appareil... Ma grande crainte est que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets : un parti en décalage avec ses mandants.

Que penses tu des propositions portées par Laurent Fabius ?

Je n’ai pas toujours été d’accord avec Laurent Fabius, notamment quand il a été Ministre des Finances, mais je constate que c’est le seul candidat qui a tiré les leçons de la gauche au pouvoir, qui a analysé lucidement les raisons de la défaite de 2002. Il a eu le courage de le faire et d’assumer les erreurs commises, le traiter d’insincère me semble malhonnête intellectuellement alors qu’il est le seul à assumer ce devoir d’inventaire.

La gauche ne gagnera que si elle se rassemble, que si elle crée une dynamique qui redonne l’espoir d’un changement possible pour les couches populaires qui nous ont fait défaut le 21 avril 2002. Les impatiences sociales sont immenses, les inégalités criantes : c’est à cela qu’il faut s’attaquer en profondeur, en mobilisant tous les outils. Les propositions sur le pouvoir d’achat et le logement me semblent à cet égard essentielles.

Mais je me réjouis par ailleurs de ses prises de position pour une république parlementaire : pour régénérer la démocratie, il faut en finir avec la 5ème qui, on le voit très bien, place la forme avant le fond et l'opinion virtuelle au dessus du réel. C’est celui là le véritable enjeu démocratique.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : laurent.fabius.69
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Jeudi 26 octobre 2006

Adjoint au Maire de Paris, Pascal Cherki est membre du Conseil National du PS et Coordinateur National du courant NPS

Au Parti Socialiste, mon parti, dès l’annonce des candidatures le 3 octobre dernier un certain nombre de responsables politiques avait fait leur choix. Tel n’était pas mon cas. Je suis membre d’un courant, le NPS, qui rassemble un socialiste sur quatre et qui avait décidé de ne pas présenter un candidat au suffrage des militantes et des militants afin de ne pas ajouter de la confusion en concourant à la prolifération des candidatures et qui avait de ce fait appelé le 1er Secrétaire, François Hollande, à prendre ses responsabilités.

Aussi, orphelin d’un candidat issu de ma sensibilité, je me suis concentré non sur la promotion d’une personne mais sur le recherche de l’orientation la plus adéquate pour la gauche et les socialistes afin de déterminer dans un second temps qui de Laurent Fabius, Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn recueillerait ma voix le 16 novembre prochain. J’ai conduit ma réflexion dans la fidélité et la cohérence au regard de mes combats politiques de ces dernières années et celles-ci m’amènent lucidement mais résolument à voter Laurent Fabius.

Je n’ai jamais été " fabusien " et n’entends pas le devenir. J’ai toujours rejeté la structuration de PS en écuries présidentielles qui stérilisent la réflexion et transforment ma formation politique en un regroupement de clubs de supporters déterminés uniquement par le destin de leur chef de file. Ceci vaut tout particulièrement pour Laurent Fabius qui a toujours eu comme objectif d’être le candidat des socialistes à l’élection présidentielle. Mais le fait de n’avoir jamais été un proche de Laurent Fabius, voire même de l’avoir combattu un moment en interne dans ma formation politique, ne m’empêche pas aujourd’hui d’affirmer qu’il est le plus à même de conduire les socialistes lors de l’élection présidentielle.

J’ai toujours considéré que la politique était une question sérieuse qui nécessitait que les responsables politiques soient des gens sérieux. Plus particulièrement en France où la reconnaissance de la qualité de dirigeant d’envergure nationale par la population ne se décrète pas, même appuyée par une campagne de presse soigneusement et méticuleusement orchestrée, mais se construit. De ce point de vue, Laurent Fabius appartient, comme Lionel Jospin ou comme Henri Emmanuelli, à ce cercle restreint de dirigeants politiques dont on se dit que la capacité à exercer les plus hautes responsabilités ne saurait être contestée. C’est pourquoi je récuse les théories en vogue actuellement chez certains relais d’opinion qui nous expliquent à longueur de journée, sur les plateaux de télévision ou dans les colonnes des journaux, que nos concitoyens aspirent à une nouvelle manière de faire de la politique, plus " proche " des gens, plus " concrète ". Je les récuse d’autant plus que je sais que ce seront les mêmes qui, une fois notre candidat ou notre candidate désigné, ne manqueront pas avec la même assurance de soupeser la compatibilité de celui-ci ou de celle-ci à l’aune d’une fonction présidentielle à nouveau rehaussée.

Pour autant le sérieux ne fait pas tout. On peut se tromper avec beaucoup de sérieux. A gauche, la démonstration nous en a malheureusement été apportée le 21 avril 2002 où notre candidat, Lionel Jospin, de bonne foi et avec beaucoup de sérieux, est passé à côté de l’essentiel : le décrochage de notre électorat populaire qui n’a plus considéré que les socialistes avaient l’ambition et la capacité de les protéger des dégâts causés par un capitalisme de plus en plus financiarisé et de plus en plus libéral.

C’est pourquoi l’orientation que développera le candidat ou la candidate socialiste lors de la prochaine élection présidentielle comptera tout autant que son aptitude à exercer les plus hautes responsabilités et contribuera par là même à crédibiliser sa démarche et favoriser le rassemblement de notre électorat condition sine qua none pour espérer l’emporter dans cette élection qui s’annonce comme extrêmement difficile.

Or, aujourd’hui, la majorité des françaises et des français sont désorientés. Je veux parler ici d’une majorité très ample, celle des 90% de salariés qui gagnent moins de 3 000 euros par mois, dont plus de la moitié a un salaire qui n’excède pas les 1 300 euros et dont beaucoup encore sont au chômage ou dans l’angoisse de perdre leur emploi ou enfin ont une retraite qui leur permet tout juste de survivre. Ils ne comprennent plus le monde dans lequel ils vivent. Où plutôt ils refusent, à juste titre, d’admettre que le discours dominant qu’ils entendent quotidiennement de la part de la quasi-totalité des responsables de droite et de la majorité des responsables socialistes soit l’unique futur qui leur soit promis.

Depuis plus de 20 ans on leur répète que les sacrifices qu’ils consentent en matière de pouvoir d’achat, les efforts qu’ils réalisent en matière de productivité porteront demain leurs fruits. Et ils constatent, au contraire, que l’emploi industriel ne cesse de disparaître, que les salaires sont bloqués, que les droits sociaux patiemment et durement conquis sont sans cesse remis en cause. Et ils constatent que la promesse d’un avenir radieux et prospère dans une Europe enfin réunie s’est muée en une grande faucheuse néo-libérale déterminée à laminer tous les services publics, à mettre en concurrence tous les systèmes sociaux et fiscaux des Etats membres et dont la seule volonté affichée est de créer les conditions d’une ouverture encore plus effrénée aux importations en provenance de pays ayant à la fois une productivité qui se rapproche de la nôtre et des salaires 20 fois quand ce n’est pas 40 fois inférieurs. Et ils constatent que le " miracle " de l’Euro s’est transformé en un gigantesque coup de gourdin sur leur pouvoir d’achat par la hausse incontrôlée des prix des produits et des services de consommation courante. Et ils constatent cela en contemplant une classe politique qui continue encore et toujours à chanter les bienfaits d’une mondialisation dont il conviendrait de ne corriger que les dommages collatéraux et regrettables afin de lui faire reprendre son cours tranquille. Une classe politique qui apparaît de plus en plus déconnectée de leurs préoccupations fondamentales et donc, par contrecoup, de plus en plus en phase avec la toute petite minorité des bénéficiaires de cette mutation sans précédent du capitalisme.

La patience des français a des limites qui sont prés d’être atteintes. Et, quand les français sont à bout ils ne manifestent pas paisiblement leur mécontentement. Depuis 2002 la situation n’a cessé de se dégrader et le mécontentement des français n’a cessé de s’exprimer avec de plus en plus de détermination et de radicalité. Le mouvement social contre la prétendue " réforme " Fillon sur les retraites a été d’une très grande ampleur et la résistance contre le CPE a rassemblé plus de jeunes que Mai 68 et le mouvement de 1986 contre le projet de loi Devaquet réunis. Politiquement cela s’est traduit par des gifles électorales alternativement distribuées en 2002 contre la gauche, en 2003 et 2004 aux régionales et aux européennes contre la droite et le 29 mai 2005 à tous les partis UMP, PS, UDF et Verts qui avaient appelé à approuver le projet de Constitution libérale européenne. Il n’y a pas de raison que si rien ne change les français ne décident pas de renverser la table lors de l’élection présidentielle.

Ce mécontentement des français se manifestera d’autant plus qu’ils ont le sentiment que la République se délite quotidiennement. La révolte de la jeunesse des banlieues de l’automne dernier a révélé la profondeur de la fracture provoquée par la paupérisation d’une part sans cesse plus nombreuse de la population concentrée dans ces " ghettos ". Ce sentiment d’abandon gagne encore et toujours du terrain.

Si les socialistes ne sont pas à même de proposer une alternative globale, alors, une demande d’ordre, brute et sans nuances, jaillira lors du vote de l’élection présidentielle. La droite et l’extrême droite le savent, elles s’y préparent, conscients que, pour elles, c’est le seul moyen d’éviter que le débat ne se place sur le seul terrain où elles n’ont pas prise : celui de leur complicité assumée avec le dérèglement provoqué par les mouvements erratiques du libéralisme économique. L’extrême droite se tait pour l’instant, mais le moment venu elle ressortira la figure expiatoire de son bouc émissaire favori : l’immigré et avec lui ses enfants français. La droite se contentera de lui faire prendre la figure apparemment moins sulfureuse du jeune voyou délinquant.

Au regard de cette situation, Dominique Strauss-Khan, Ségolène Royal et Laurent Fabius proposent à ce jour trois orientations différentes entre lesquelles il nous faudra trancher.

Dominique Strauss-Kahn est le vrai archaïque des trois, au sens étymologique du terme en ce qu’il parle d’un passé révolu et qui ne reviendra pas de si tôt. Dominique Strauss-Kahn nous vante le temps où patronat et syndicats s’asseyaient ensemble à la table des négociations, sous les encouragements bienveillants des gouvernements et où, après d’âpres discussions, ils parvenaient à définir de nouveaux compromis. C’était le bon vieux temps des " trente glorieuses " dont mes parents me parlent avec des trémolos dans la voix. Mais voilà, on peut toujours le regretter, comme on regrette le temps des lampes à huile et de la marine à voile, mais cette époque est pour le moment derrière nous et pour longtemps. Aujourd’hui il n’y a plus de grain et la seule chose que le patronat souhaite moudre c’est les droits des salariés. C’est pourquoi son paradigme de faire prévaloir le contrat sur la loi constituerait, au regard du rapport actuel de forces très défavorable aux salariés, au mieux un contrat d’impuissance. Lionel Jospin et Martine Aubry l’avaient déjà très bien perçu et c’est la raison pour laquelle, malgré les cris d’orfraie du patronat, ils avaient choisi la voie législative pour parvenir aux 35 heures qui à défaut demeureraient encore à l’état de proposition non aboutie.

Ségolène Royal formule de nombreux constats. Sur ce terrain, elle est imbattable et apporte incontestablement une " tonalité " nouvelle et intéressante dans le débat politique. Mais, une succession de constats ne définissent pas une orientation politique pertinente, surtout quand ils sont accompagnés de propositions qui sont, elles, pour le moins discutables. La frénésie, la boulimie de propositions " concrètes ", de " bons sens " sur tous les sujets au gré de ce que l’on pense être l’humeur du moment contribuent à créer un climat de surenchère et de confusion qui brouillera à la longue totalement le message politique sur l’essentiel. D’autant plus que sur les principales lignes de force entre la gauche et la droite, on a souvent du mal à la situer. Ainsi, par exemple, sur le conflit capital-travail elle peut à la fois affirmer vouloir revaloriser le pouvoir d’achat et dans le même temps promouvoir " l’employabilité " des salariés. Or, " l’employabilité " est un concept directement importé de l’ultralibéralisme économique pour juguler justement les prétentions salariales en expliquant aux salariés que leur situation actuelle serait due à leur incapacité à être suffisamment " flexibles " dans une économie ouverte et mondialisée. Ainsi, encore, elle prétend restaurer le rôle de l’Etat tout en entendant transférer dans le même temps la responsabilité de l’aide économique publique aux régions, à contre-courant de ce que font actuellement la plupart des autres pays industrialisés du reste du monde. En fait Ségolène Royal s’essaie à une nouvelle conceptualisation politique, le " et-et ", dans une démarche attrape-tout qui à force de vouloir être partout risque de finir par nous conduire nulle part.

Reste Laurent Fabius. Je ne méconnais pas les réticences qui entourent sa personne et qui font peser sur lui un argument d’insincérité. Il est vrai que c’est Laurent Fabius qui a conduit avec détermination la politique issue du tournant de la rigueur et se traduisant par de très douloureuses restructurations industrielles au moment où il était Premier ministre entre 1984 et 1986. Il est vrai également que, revenu aux responsabilités en qualité de Ministre de l’économie et des finances, entre 2000 et 2002, il a conceptualisé, avec l’accord de la quasi-totalité des dirigeants socialistes de l’époque, une politique rejetée par une partie importante de notre électorat et vécue comme sociale-libérale. Mais, il n’en demeure pas moins que depuis 2002 il a suivi un chemin qui l’a conduit progressivement à reconsidérer beaucoup des anciennes certitudes sur lesquelles la social-démocratie européenne continue encore de s’égarer et de s’impuissanter.

Quand Laurent Fabius dit que le passage à un capitalisme hyper financiarisé nécessite que les socialistes réévaluent leurs outils d’analyse et leurs méthodes de combat de celui-ci, il a raison.

Quand Laurent Fabius dit que le libre-échangisme constitue une menace sans précédent sur la possibilité d’un développement économique équitable entre les continents et les pays, il a raison.

Quand Laurent Fabius, tirant les conséquences de sa critique du libre-échangisme, affirme que l’Europe doit maintenant se donner les moyens de protéger son industrie, il a raison.

Quand Laurent Fabius, dans le prolongement du combat contre la Constitution libérale européenne, affirme qu’il faut relancer l’Europe politique par l’adoption d’un nouveau texte constitutionnel limité aux seuls aspects politiques, qu’il faut défendre les services publics en rompant avec le dogme de la concurrence libre et non faussée, qu’il faut relancer l’Europe économique en redéfinissant de nouvelles missions pour la Banque centrale Européenne, en augmentant substantiellement le budget européen pour aider les nouveaux Etats membres à se mettre au niveau et permettre en contrepartie l’harmonisation par le haut des systèmes sociaux et fiscaux et enfin en promouvant des investissements d’avenir, il a raison.

Quand Laurent Fabius insiste sur l’impérieuse nécessité de revaloriser le pouvoir d’achat, il a raison et il faut n’avoir jamais eu à faire ses courses chez Leader Price, chez Lidl ou ne pas avoir à compter dés le 15 voire dés le début du mois pour considérer qu’une hausse immédiate de 100 euros du SMIC constituerait un gadget.

Je ne sais pas avec certitude si ce que dit et propose Laurent Fabius est suffisant pour nous faire gagner l’élection présidentielle mais je suis sûr en revanche que ce que disent et proposent Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal fait courir plus de risque de nous la faire perdre.

Enfin, pour ceux qui auraient toujours des doutes sur la " sincérité " de Laurent Fabius, le meilleur antidote demeure encore le passage à une République nouvelle qu’il propose de mettre en œuvre par référendum dans les 6 mois de son élection. C’est la plus forte garantie que l’on peut espérer et il est le seul à la proposer avec autant de précision alors qu’elle fait pourtant partie intégrante du programme des socialistes.

Je préfère avoir à veiller à l’application et l’approfondissement d’une orientation dont je partage les lignes directrices que de me demander comment je pourrais en infléchir une dont je doute fortement et au secours de laquelle il ne me resterait qu’à me consoler en me disant que cela vaut toujours mieux que cinq nouvelles années de purge libérale et sécuritaire.

Voilà pourquoi, les yeux ouverts, je voterai Laurent Fabius et j’invite tous les militantes et les militants socialistes à en faire de même.

Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Parti Socialiste
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Vendredi 20 octobre 2006

Discours de Jean-Luc Mélenchon
envoyé par lfabius

Discours de Jean-Luc Mélenchon lors du grand rassemblement des comités de soutien de Laurent Fabius à Pantin, le dimanche 8 octobre 2006.
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Vidéo
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Vendredi 20 octobre 2006

"Candidat du projet socialiste pour faire gagner la gauche"


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Chère camarade, cher camarade,

En 2007, la France va choisir son chemin. Soit c’est la droite qui l’emporte et notre pays glissera sur le toboggan libéral. Les droits, les solidarités, beaucoup de libertés seront remis en cause. La précarité s’aggravera. Les privilèges aussi. A l’échelle européenne, l’élection d’un président et d’une majorité de droite serait perçue comme l’alignement de la France sur le modèle économique dominant. Une victoire de Sarkozy marquerait le succès de l’ultralibéralisme, du communautarisme et du bushisme. L’Etat serait placé entre les mains d’un homme agité et dangereux.

Soit c’est la gauche, et le vrai changement sera possible : nous le souhaitons et nous y travaillons de toutes nos forces. Dans le prolongement des conquêtes obtenues de haute lutte, face à la droite et aux intérêts de l’argent, par les gouvernements de L. Blum, F. Mitterrand et L. Jospin, le Parti Socialiste et la gauche pourront alors contribuer à bâtir une France forte et solidaire. Une France forte parce que solidaire.

Le défi est donc considérable. Il ne sera pas facile à relever. Mais il est à notre portée. Les socialistes doivent mesurer le poids de leur responsabilité. L’élection présidentielle de 2007 ne ressemblera pas aux précédentes, le contexte est inédit : une droite plus dure, une extrême droite plus menaçante que jamais, l’Europe à relancer et à réorienter, la mondialisation à maîtriser, la planète à sauver du réchauffement climatique et de l’embrasement nucléaire.

Face à ces dangers et à ces chantiers, l’espérance ne peut venir que des socialistes et de la gauche rassemblée. Les 16 et 23 novembre prochains, en métropole et Outre-Mer, chaque militante, chaque militant, camarade de longue date ou qui nous a rejoints récemment, aura à faire un choix.


Le sens de ma candidature est clair.

1. Je veux être le candidat du projet socialiste.

Après avoir contribué à inspirer ce projet, j’ai pris 7 engagements pour 2007 qui le respectent et l’enrichissent :

· l’augmentation du Smic de 100 € dès le retour de la gauche au pouvoir ;

· la fin des exonérations inefficaces de cotisations sociales dans les grandes entreprises afin de stimuler les emplois jeunes ;

· l’investissement des PME et la recherche scientifique ;

· l’intervention de l’Etat pour obliger réellement les maires à construire au moins 20 % de logements sociaux ;

· une loi-programme fixant nos objectifs précis pour la protection de l’environnement et la nomination d’un vice-premier ministre chargé du développement durable ;

· la création d’une nouvelle branche de la sécurité sociale face à la dépendance des personnes âgées et des handicapés ;

· un référendum dès septembre 2007 pour l’établissement d’une République parlementaire nouvelle, avec une démocratie sociale et territoriale étendue ;

· le refus de tout nouvel élargissement de l’Europe avant l’approbation d’un traité social et l’adoption par référendum d’une nouvelle Constitution respectant le vote des Français.

Si je suis investi puis élu, je mettrai au cœur de notre action, comme le propose notre projet, l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens, la lutte contre les inégalités et la construction du futur de notre pays. Mon projet sera celui du Parti socialiste, avant, pendant et après la campagne présidentielle.

2. Je veux être le candidat du rassemblement de la gauche et des Verts.

J’ai travaillé aux côtés de F. Mitterrand et de L. Jospin. Nous savons tous que la gauche ne peut l’emporter que si elle est rassemblée. Ce rassemblement doit s’opérer autour du PS. Il n’est possible que si le PS défend des valeurs, des propositions et des alliances clairement de gauche. C’est mon engagement. Mes combats sont ceux de la gauche rassemblée : le pouvoir d’achat, l’éducation et la recherche, les services publics, la laïcité, la social-écologie, l’Europe sociale. Mon ambition est que sur la base d’un contrat nous gouvernions avec les forces de gauche qui le souhaitent.

3. Je veux tirer les leçons de notre expérience collective pour mieux servir la gauche, la France et l’Europe.

On ne s’improvise pas chef de l’Etat. Je connais bien la France rurale et urbaine. J’ai été ministre à plusieurs reprises, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale. Je sais ce que sont les épreuves du pouvoir. J’ai travaillé en équipe au service de la Nation et négocié au nom de la France dans les sommets européens et les enceintes internationales. Je suis l’élu de Grand-Quevilly et de la Seine-Maritime depuis plus de 25 ans, territoire ouvrier et populaire où les mots logement, chômage, délocalisations, besoin de services publics pour la santé et les transports ont tout leur sens. Ma candidature vise à donner un débouché politique aux attentes de nos concitoyens et une espérance à notre jeunesse.

Etre le candidat de notre projet socialiste, rassembler la gauche, tirer pleinement les leçons de l’expérience : ce sont pour moi 3 clefs de la victoire et de l’alternance, du succès aux élections puis aux responsabilités.


A l’inverse, nous devons éviter de commettre certaines erreurs.

1. La première erreur consisterait à rechercher la victoire en oubliant notre identité et notre fierté socialistes.

Notre identité, c’est le débat et la délibération collective. Notre identité, c’est notre projet. Evitons de le contredire ou de l’affadir ! Et débattons vraiment. Nous sommes socialistes. Nous l’emporterons si nous plaçons au cœur de la campagne nos thématiques, qui s’appellent le pouvoir d’achat, l’emploi, le logement, la santé ; la lutte contre la précarité, l’école, l’innovation, la culture ; la laïcité, la solidarité, le développement durable, la démocratie, l’Europe sociale.

Plusieurs de ces priorités ont un coût : mais quel serait le coût pour la société et pour nous-mêmes si nous renoncions ? Nous traiterons également avec grand soin la sécurité ou l’immigration : faisons-le à partir de nos propositions et de nos convictions républicaines et humanistes.

Ne courons pas après Sarkozy, qui lui-même court après Le Pen. Ne faisons pas le jeu des extrêmes en tenant un discours ambigu sur des sujets aussi décisifs que la carte scolaire, le regroupement familial ou la prévention de la délinquance. Si nos électeurs ne voient pas distinctement la différence entre gauche et droite, ils risquent de ne pas être au rendez-vous de 2007.

2. Une autre erreur à éviter serait de nous éloigner de nos partenaires de la gauche et des Verts pour lorgner vers le centre.

Dans un monde où le profit à court terme domine, la volonté de peser sur le cours des choses est une exigence commune à toute la gauche et notre principale ligne de partage avec la droite. La tentation de tourner nos regards vers le centre plutôt que de considérer nos partenaires de la gauche et des Verts a été écartée par notre projet à la quasi unanimité : elle ne doit pas revenir sous une autre forme, de type blairiste.

3. La troisième erreur consisterait à nous fier aux sondages et non à l’expression profonde des citoyens depuis 2002.

Les sondages ne font pas les suffrages. Aucun institut de sondage ne fera campagne à la place des militantes et des militants. Le renouveau souhaitable porte non pas sur les apparences, mais sur le fond. Nous avons à faire un choix de nature politique, en distinguant l’écume des vagues et la profondeur de l’océan. La profondeur de l’océan, ce sont les attentes que nos concitoyens ont exprimées avec force depuis quatre ans, soit dans les urnes, soit dans les mobilisations sociales. Depuis 2002 en particulier, mes combats sont en résonance avec ces aspirations profondes de notre peuple. Ils ont été ceux de la gauche mobilisée et victorieuse. Dans la bataille face à la droite, je ne flatterai pas l’opinion, je m’appuierai sur le Parti socialiste et sur ce mouvement de fond, pour l’emporter et préparer l’alternative.


Les socialistes doivent mesurer le poids de leur responsabilité. Je veux être digne de votre confiance et de votre volonté de gagner.

Le débat qui est devant nous n’est pas une « épreuve », mais une chance pour notre Parti. Réfléchir pour bien choisir, c’est cela, la démocratie. Les deux autres candidats qui se présentent aux suffrages des militants ont de grandes qualités, je partage avec eux beaucoup de convictions, nous avons aussi entre nous des différences et même sans doute des divergences. Alors, abordons-les avec franchise et fraternité pour nous rassembler ensuite. Si je suis désigné et élu, je souhaite m’entourer notamment de mes compétiteurs afin de constituer l’équipe de France pour le changement.

Chaque militante, chaque militant a dans ses mains une grande responsabilité. Au-delà des sensibilités et des débats passés, il s’agit de choisir, à travers une candidature, à la fois une ligne politique et une conception exigeante de la politique, une capacité à servir l’Etat. Il s’agit de désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle, donc potentiellement, le prochain président de la République. Je m’engage avec chacune et chacun de vous et je vous adresse mes très chaleureuses amitiés socialistes.

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Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : laurent.fabius.69
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Vendredi 20 octobre 2006

Discours de Sophia Chikirou
envoyé par lfabius

Discours de Sophia Chikirou, militante socialiste, candidate à l'investiture pour les législatives dans le XXème arrondissement de Paris, lors du grand rassemblement national des comités de soutien de Laurent Fabius à Pantin, le dimanche 8 octobre 2006.
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Vidéo
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Vendredi 20 octobre 2006

(Le Nouvel Observateur - 19-25 octobre 2006.)

Carré et direct. Concret et sans complexes. Le mal-aimé du parti la joue à l'ancienne. Rien à voir avec la stratégie de la reine des sondages.

C'est la fin du discours. La voix se mouille et baisse d'un ton. Laurent Fabius évoque la fragile alchimie de la victoire, ces petits signes qui grandissent avec le temps. D'abord l'espoir de vaincre, puis la fierté, l'envie et enfin la certitude. « J'ai connu ces instants en 1981, ils comptent parmi les plus beaux de ma vie. Je voudrais pouvoir offrir un succès de même ampleur au peuple et à la gauche. » Samedi 14 octobre, c'est la Fête de la Gerbaude à Marcillac (Gironde). Au pied de l'estrade, dans les assiettes, le sauté de canard refroidit. Comme chaque année, les socialistes du cru se retrouvent pour célébrer la fin des vendanges.

Le candidat à l'investiture laisse parler son cœur en terrain conquis. La Gironde a toujours figuré en bonne place sur la carte de ses fidèles. A la tribune, élus et responsables locaux se succèdent pour saluer, les uns après les autres, « le fils spirituel de François Mitterrand ». Méditatif, Fabius accueille le compliment en dodelinant comme un métronome. A ses côtés, Gilbert, l'autre fils, le « vrai », acquiesce. Le 16 novembre il votera pour Laurent, par « fidélité amicale » mais aussi parce qu'il suit la bonne stratégie. Celle du Père : « rassembler les socialistes pour rassembler la gauche ensuite ». Dans son discours, Fabius a évoqué sa révolte contre les injustices, les salaires de misère, les pensions modestes, et même la participation des communistes au gouvernement. Le temps semble s'être arrêté sur les premières côtes de Blaye. Un parfum d'années 1980 flotte dans la salle. Il résonne même, par la voix de Jean-Louis Aubert (ex-Téléphone), dont la chanson « Temps à nouveau » a été choisie comme hymne de campagne.

On est loin des canons à confettis qui clôturent les meetings de Dominique Strauss-Kahn ! Loin aussi de l'ambiance réunions Tupperware des raouts de Ségolène Royal. Sûr de son héritage, Fabius la joue classique, à l'ancienne. Trop peut-être. Et pourtant. Malmené par les sondages qui sourient à ses deux rivaux, dédaigné par la presse, conspué par une partie de son camp, le député de Seine-Maritime pourrait bien créer la surprise le 16 novembre.

Pas la grande surprise, bien sûr. Personne ne le voit, au soir du premier tour, damer le pion à Ségolène Royal. Le match paraît trop inégal : moins de caciques derrière lui, moins de soutiens dans les fédérations, moins de succès chez les nouveaux adhérents... Mais personne ne croit non plus à un Fabius scotché aux 10% d'intentions de vote des sympathisants socialistes que lui promettent des sondages aux méthodes contestables. A la veille du premier débat télévisé, les pointeurs de la rue de Solférino, qui ne comptent pas parmi ses partisans, le plaçaient devant Dominique Strauss-Kahn, avec un score avoisinant les 24%. Soit quelques points de plus que lors du congrès du Mans, il y a tout juste un an.

Fabius, qui a toujours dévoré les sondages, assure désormais ne plus goûter cet exercice. Il sait qu'il fera plus que ce que lui annoncent les journaux. Il sait aussi, dit-il, qu'une fois désigné « le candidat socialiste, quel qu'il soit, sera mécaniquement crédité de 50% des intentions de vote ». Combien lui faut-il pour se qualifier pour un second tour ? Chez les fabiusiens, les calculettes tournent à plein régime. Mais à vide ! Bien malin qui pourra dire comment voteront les 65 000 nouveaux militants. « Fatigué, mais ultradéterminé », selon un de ses proches, Fabius refuse de livrer son pronostic. Il préfère afficher une sérénité sans faille. « Si le débat porte vraiment sur le fond, je gagnerai», crâne-t-il. Histoire de montrer ses muscles, mais aussi de laisser entendre, s'il perd, que le superficiel l'aura emporté chez les militants.

Sur quoi reposent les espoirs de la maison Fabius ? Sur une poignée de ralliements, d'abord. Vieux crabes et jeunes pousses, archéos et rénovateurs, Fabius a vu venir à lui des personnalités d'horizons divers, notamment des déçus de l'ancien courant NPS (23,54% des voix au congrès du Mans). Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, les frères ennemis de la rénovation, pensaient apporter leurs troupes respectives dans la corbeille de Ségolène Royal. Le premier n'a pas su convertir tous ses partisans, à commencer par son secrétaire général, le nordiste Michaël Moglia, numéro deux de son mouvement. Le second a largué en route les autres dirigeants de NPS qui ne partagent pas son enthousiasme pour la favorite des sondages.

Benoît Hamon, cofondateur du courant, votera ainsi Fabius sans « se boucher le nez », par souci de « cohérence ». « Quand on imagine les rendez-vous de l'après-présidentielle, on se dit que le seul homme d'expérience qui sache apporter des réponses, c'est lui. » Plusieurs proches d'Henri Emmanuelli partagent cette analyse. Une bonne partie du MJS aussi. Fabius espère d'autres ralliements. Il voudrait surtout qu'ils parlent haut et fort. Car - c'est à la fois la faiblesse de sa campagne et le ressort de sa surprise -beaucoup de ceux qui voteront pour lui le feront en silence. Par élimination et non par adhésion. On en trouve même chez les amis de Jospin qui l'ont combattu sans relâche depuis vingt ans. « Dans ma famille, chez mes amis, dans le parti, au plan local comme national, j'entends dire qu'il faut oublier les vieux combats de Rennes et du référendum européen. Aujourd'hui, la seule question qui vaille, c'est : qui a la bonne taille pour l'habit de président ? Qui saura faire ? Et la réponse qui vient, le plus souvent, c'est Laurent », témoigne un grognard du tout premier cercle jospiniste, qui n'exclut pas de s'y résoudre mais refuse de le dire ouvertement.

A-t-on jamais remporté une victoire avec une armée de « malgré-nous » ? C'est la principale inconnue de l'équation Fabius. L'autre porte sur une question de timing : il ne reste qu'un mois avant le premier tour de la primaire socialiste. Court, très court pour combler le retard sur Ségolène, même si « Laurent a appris auprès de Mitterrand que rien n'est jamais joué jusqu'à la dernière minute, confie un proche. Il croit au talisman de la chance qu'on tient dans sa main ». Formidable Sarah Bernhardt sur une estrade, l'ancien Premier ministre a prévu de tout donner dans les confrontations avec ses « compétiteurs », comme il les appelle. « Les débats seront rudes contre la droite, raison de plus pour s'entraîner », ironise-t-il.

Matthieu Croissandeau
Par les Socialistes du Rhône avec Laurent FABIUS - Publié dans : Vu dans la Presse
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